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Affaire HPO : le non-lieu définitif ou la revanche du droit sur le tribunal de l’opinion

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Accusé de viol sur mineure, d’inceste, d’usage de force et de menaces de mort, Hervé Patrick Opiangah est désormais définitivement blanchi par la justice gabonaise. Après une ordonnance de non-lieu rendue le 24 février 2026, confirmée le 2 mai par la Chambre d’accusation, un certificat de non-pourvoi délivré le 12 juin est venu clore irrévocablement le dossier. Lors d’un point de presse tenu à Libreville, ses avocats ont dénoncé une affaire ayant gravement entamé l’honneur de leur client, tout en exigeant le rétablissement complet de ses droits.

L’affaire avait secoué l’opinion publique par la gravité des accusations. Elle s’achève aujourd’hui par une décision judiciaire définitive. Pour les conseils de Hervé Patrick Opiangah, le non-lieu consacré par la justice ne laisse plus place à l’ambiguïté : leur client est juridiquement réhabilité. « Nous sommes réunis pour célébrer la victoire de la vérité, de l’innocence sur la calomnie », ont déclaré ses avocats, rappelant que la procédure avait débuté par une perquisition menée le 20 novembre 2024 au domicile et dans les bureaux de l’homme d’affaires.

Une procédure désormais close

Selon la défense, le doyen des juges d’instruction avait rendu, le 24 février 2026, une ordonnance de non-lieu conforme aux réquisitions du ministère public. Cette décision, contestée par la partie civile, a ensuite été confirmée le 2 mai 2026 par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel. Le 12 juin 2026, un certificat de non-pourvoi est venu mettre un terme définitif à la procédure. Autrement dit, aucun recours n’ayant été formé devant la Cour de cassation, la décision bénéficie désormais de l’autorité de la chose jugée. Pour les avocats, cette séquence judiciaire impose une conséquence claire : l’opinion publique, qui avait été saisie par l’onde de choc des accusations, doit désormais être informée avec la même intensité de l’issue du dossier.

Au-delà de la procédure pénale, les conseils de Hervé Patrick Opiangah estiment que leur client a subi une atteinte profonde à son honneur, à sa famille et à son image publique. Maître Paulette Oyane Ondo a évoqué un « ordre de mort sociale », estimant que l’homme d’affaires avait été livré au tribunal de l’opinion avant même que la justice ne se prononce. Cette formule traduit une réalité désormais récurrente : dans les affaires à forte charge émotionnelle, la réputation peut être détruite avant que le droit n’ait le temps de parler. Or, dans un État de droit, la gravité d’une accusation ne saurait remplacer la preuve. Et l’émotion collective ne peut tenir lieu de jugement.

Des biens encore non restitués

Si la défense salue la décision judiciaire, elle affirme que la réhabilitation de son client reste incomplète. Selon ses avocats, une partie des biens saisis lors de la perquisition aurait été restituée le 12 mars 2026, notamment des fonds et effets matériels, au cabinet du procureur de la République, en présence d’Hervé Patrick Opiangah lui-même, de ses conseils et d’un huissier de justice. 

Toutefois, plusieurs éléments demeureraient introuvables ou non restitués, dont deux passeports diplomatiques, un passeport ordinaire, des ordinateurs et un écran plat. Les conseils indiquent avoir saisi les autorités compétentes, notamment le ministère de la Justice, sans obtenir à ce jour une réponse satisfaisante. Ils dénoncent également le maintien d’une interdiction de sortie du territoire visant Hervé Patrick Opiangah et Elisabeth Mengué Opiangah, alors même que cette dernière n’aurait jamais été inculpée.

Une affaire qui interroge l’État de droit

Cette affaire dépasse désormais le seul cas Hervé Patrick Opiangah. Elle pose une question plus large sur la capacité des institutions à réparer pleinement les conséquences d’une procédure lorsque celle-ci s’achève par un non-lieu définitif. Être blanchi par la justice ne devrait pas signifier rester privé de documents, de biens ou de liberté de circulation. La réhabilitation judiciaire doit produire tous ses effets, sans demi-mesure.

Dans cette affaire, la justice a parlé. Elle a dit le droit au nom du peuple gabonais. Il appartient désormais à l’administration et aux autorités concernées d’en tirer toutes les conséquences. Car dans un État de droit, l’innocence définitivement reconnue ne doit pas être une victoire théorique. Elle doit être une réalité complète, visible et effective.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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