Afrique subsaharienne : l’élargissement des subventions aux carburants pourrait creuser les déficits en 2026
L’élargissement des subventions aux carburants dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne pourrait accentuer les déséquilibres budgétaires dès 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Face à la hausse des prix de l’énergie provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, certains gouvernements ont choisi de renforcer ou de réintroduire des mécanismes de soutien afin d’atténuer l’impact sur les ménages. L’Éthiopie et le Ghana ont notamment élargi leurs dispositifs, tandis que l’Angola a reporté des réformes prévues sur les subventions. Ces mesures offrent un soulagement immédiat aux populations, mais elles risquent d’alourdir durablement les finances publiques.
La situation est particulièrement préoccupante pour les pays importateurs de pétrole, majoritaires dans la région. La hausse des coûts de l’énergie, des engrais et du transport alimente les pressions inflationnistes et réduit les marges de manœuvre budgétaires. Malgré une amélioration récente des recettes publiques grâce à la progression des cours de certaines matières premières, de nombreux États disposent encore de ressources limitées pour faire face à des chocs externes prolongés. La Banque mondiale estime ainsi que les gouvernements devront arbitrer entre soutien social immédiat et préservation de la stabilité macroéconomique.
Des déficits budgétaires sous pression croissante
Selon l’institution, l’extension des subventions aux carburants pourrait entraîner une augmentation des déficits publics et des besoins d’emprunt en 2026. Cette évolution réduirait la capacité des États à financer d’autres priorités, notamment les programmes sociaux ciblés en faveur des populations les plus vulnérables. Elle interviendrait dans un contexte marqué par des coûts d’emprunt élevés, un recul du financement concessionnel et une baisse de l’aide publique au développement, autant de facteurs susceptibles d’aggraver les contraintes budgétaires régionales.
Les perspectives économiques demeurent néanmoins relativement résilientes. La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4 % en 2026, après 4,1 % en 2025, avant de se redresser progressivement. Toutefois, la Banque mondiale avertit que l’efficacité des réformes structurelles et des nouvelles opportunités commerciales pourrait être compromise si les déséquilibres budgétaires s’accentuent. La gestion des subventions énergétiques apparaît ainsi comme l’un des principaux défis économiques auxquels la région sera confrontée au cours des prochains mois.










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