Gabon : Nkoghe Bekale alerte sur les équilibres fragiles de l’indépendance de la justice
Dans une tribune publiée le 29 avril 2026, le magistrat retraité Julien Nkoghe Bekale interpelle sur les enjeux de l’indépendance de la justice sous la 5e République. Entre exigence démocratique et crainte d’une « République des juges », il appelle à un équilibre rigoureux entre autonomie judiciaire et responsabilité.
Au moment où le Gabon poursuit la construction institutionnelle de sa 5e République, la question de l’indépendance de la justice s’impose comme un enjeu central du débat public. Dans ce contexte, la tribune du magistrat retraité Julien Nkoghe Bekale vient nourrir une réflexion de fond sur les équilibres nécessaires au bon fonctionnement de l’État de droit.
Dans ce texte, largement relayé sur les réseaux sociaux, l’ancien magistrat rappelle que l’indépendance de la justice constitue « un pilier fondamental » de toute démocratie, garantissant aux citoyens une protection contre l’arbitraire et les pressions de toute nature.
Entre indépendance judiciaire et risque de dérive
Si le principe d’indépendance ne souffre d’aucune contestation, Julien Nkoghe Bekale soulève néanmoins une interrogation sensible : comment préserver cette autonomie sans glisser vers ce que certains qualifient de « République des juges » ?
Pour lui, la problématique ne réside pas dans l’indépendance elle-même, mais dans la manière dont elle est exercée. « La justice ne doit pas seulement être indépendante, elle doit apparaître aussi comme telle », insiste-t-il, soulignant l’importance de la perception dans la construction de la confiance publique.
L’ancien magistrat met en garde contre les effets délétères d’une justice perçue comme instrumentalisée, évoquant des « situations récentes » ayant alimenté dans l’opinion le sentiment d’une possible utilisation du judiciaire à des fins politiques.
Une exigence de responsabilité au cœur de la fonction judiciaire
Au-delà du constat, Julien Nkoghe Bekale appelle à une articulation claire entre indépendance et responsabilité. Selon lui, les magistrats, détenteurs d’une autorité essentielle, doivent exercer leur mission dans le strict respect des règles de droit et des principes fondamentaux.
Il insiste notamment sur la nécessité de prévenir toute dérive, rappelant que « l’indépendance des juges ne peut justifier des arrestations abusives ou des détentions arbitraires ». Une mise en garde qui renvoie à l’exigence de protection des droits fondamentaux des citoyens.
Dans cette perspective, la justice ne saurait être ni un instrument de pression ni un outil de règlement de comptes. Elle doit, au contraire, demeurer « un sanctuaire du droit », au service exclusif de la vérité juridique.
Un test majeur pour la crédibilité de la 5e République
À travers cette tribune, c’est finalement la crédibilité même des institutions judiciaires qui est en jeu. Pour Julien Nkoghe Bekale, la confiance des citoyens repose autant sur l’indépendance de la justice que sur la manière dont celle-ci est exercée au quotidien.
Entre le risque d’une justice instrumentalisée et celui d’une justice perçue comme incontrôlée, il appelle à emprunter « une voie exigeante », fondée sur la rigueur, l’équilibre et le respect des libertés individuelles.
Dans un contexte de refondation institutionnelle, cette réflexion pose les bases d’un débat essentiel pour l’avenir du Gabon : celui d’une justice à la fois indépendante, responsable et pleinement inscrite dans les principes de l’État de droit.









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