Gabon : Édith Laure Mbiguidi, la technicienne du fisc appelée à piloter la mobilisation des recettes de l’État
Nommée Directrice Générale des Impôts lors du Conseil des ministres de mai 2026, Edith Laure Mbiguidi incarne la montée en puissance d’une génération de hauts fonctionnaires issus du sérail administratif. Juriste de formation, spécialiste reconnue de la fiscalité et du contrôle interne, cette femme de dossiers hérite d’une mission stratégique : accroître les recettes fiscales pour soutenir le financement du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD).
Dans les couloirs feutrés de l’administration fiscale gabonaise, son nom circule depuis longtemps comme celui d’une technicienne rigoureuse, méthodique et discrète. Avec sa nomination à la tête de la Direction Générale des Impôts (DGI), Édith Laure Mbiguidi franchit désormais un cap majeur dans une carrière entièrement bâtie au sein de l’appareil fiscal gabonais.
À l’heure où l’État cherche à renforcer ses ressources propres pour financer les ambitions économiques de la Ve République, sa désignation apparaît comme un signal fort : celui du choix de l’expertise interne et de la maîtrise des rouages administratifs dans un secteur stratégique pour les finances publiques.
Une femme du sérail fiscal gabonais
Juriste de formation, titulaire d’une Maîtrise en droit public obtenue à l’Université Omar Bongo, Édith Laure Mbiguidi complète son parcours à l’École Nationale des Impôts de Clermont-Ferrand, en France, référence dans la formation des cadres fiscaux francophones. Depuis plus de vingt-cinq ans, elle gravit progressivement les échelons de l’administration fiscale. Ses débuts à la Direction Provinciale des Impôts de l’Estuaire lui permettent de se forger une solide expertise dans la gestion de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et la fiscalité des entreprises.
Cette immersion de terrain façonne une connaissance fine des réalités fiscales gabonaises, notamment des difficultés liées au recouvrement, à l’élargissement de l’assiette fiscale et à la relation entre administration et contribuables.
Dix ans au cœur de la machine fiscale de l’Estuaire
En 2010, elle est propulsée au poste stratégique de Directrice Provinciale Adjointe des Impôts de l’Estuaire, fonction qu’elle occupera pendant une décennie. Une période durant laquelle elle participe activement à la coordination des centres fiscaux, au suivi des indicateurs de performance et aux politiques de fiscalisation du secteur informel.
Elle s’implique également dans les travaux liés à la fiscalité foncière et immobilière ainsi qu’à la modernisation des outils de gestion et des bases de données fiscales. Reconnue pour sa maîtrise des problématiques liées à l’IRPP et aux droits d’enregistrement, elle contribue aux réflexions visant à simplifier les mécanismes fiscaux et à améliorer l’efficacité administrative.
Une inspectrice rompue au contrôle et à la gouvernance
Sa trajectoire se poursuit avec sa nomination comme Directrice Adjointe des Régimes Spécifiques en 2020, avant d’être appelée en 2023 aux fonctions d’Inspectrice des Services. Dans ces responsabilités sensibles, elle pilote des missions d’audit, de contrôle interne et d’inspection destinées à renforcer la gouvernance, la transparence et la performance des services fiscaux.
Cette expérience du contrôle constitue aujourd’hui un atout majeur au moment où la mobilisation des recettes fiscales devient l’un des piliers du financement des politiques publiques.
Une experte reconnue au-delà des frontières
Au-delà de ses fonctions administratives, Édith Laure Mbiguidi s’est imposée comme une figure de la formation fiscale au Gabon. Elle intervient depuis plusieurs années dans la formation des agents fiscalistes au sein de la DGI, de l’EPCA, de la CPPF ou encore de l’Institut de l’Économie et des Finances.
Son expertise lui vaut également de représenter régulièrement le Gabon dans plusieurs rencontres régionales et internationales organisées par le CREDAF, l’ATAF, la CEMAC ou encore le Fonds monetaire international. Modernisation fiscale, harmonisation des politiques tributaires, transparence financière ou fiscalisation du secteur informel : autant de sujets sur lesquels elle a construit une expertise reconnue.
Le défi de la mobilisation des recettes
Mariée et mère de trois enfants, Édith Laure Mbiguidi arrive à la tête de la DGI dans un contexte où l’État gabonais entend accélérer la mobilisation des ressources internes pour soutenir les grands projets du PNCD. Sa nomination intervient également à un moment charnière pour l’administration fiscale, confrontée aux enjeux de digitalisation, d’élargissement de l’assiette fiscale et de lutte contre l’évasion fiscale.
À travers son profil, c’est le choix d’une haute fonctionnaire rompue aux réalités du terrain, attachée à la rigueur administrative et à la modernisation des procédures que semble avoir privilégié l’exécutif. Une mission sensible, dans un pays où la performance fiscale demeure l’un des nerfs de la transformation économique annoncée.









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