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Gabon–Chine : une nouvelle raffinerie dès 2027 et 1 120 milliards de FCFA annoncés pour Mabounié

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Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu, vendredi 6 novembre 2026 à Pékin, les responsables de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) et leurs partenaires, ainsi que ceux du groupe chinois d’ingénierie minière ENFI. Au centre des échanges figurent deux projets industriels majeurs : la construction d’une nouvelle raffinerie pétrolière, dont les travaux devraient débuter en 2027, et le développement du gisement de niobium et de terres rares de Mabounié, pour lequel 2 milliards de dollars, soit environ 1 120 milliards de FCFA, d’investissements sont annoncés. Ces initiatives s’inscrivent dans la volonté des autorités gabonaises de renforcer la transformation locale des ressources naturelles et de développer les capacités industrielles nationales.

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La visite d’État du chef de l’État en Chine prend une dimension industrielle avec l’examen de projets destinés à accroître la valeur ajoutée produite sur le territoire gabonais. Alors que le pays demeure largement dépendant de l’exploitation et de l’exportation de ses ressources naturelles, les investissements envisagés dans le raffinage pétrolier et la transformation minière pourraient contribuer à modifier progressivement cette structure économique. Toutefois, leur concrétisation supposera de mobiliser des financements importants, de garantir un approvisionnement énergétique suffisant et de développer les compétences techniques nécessaires au fonctionnement des futures installations.

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Une nouvelle raffinerie pour tripler les capacités de production

Le premier projet concerne la construction d’une nouvelle raffinerie pétrolière, portée par la SOGARA et ses partenaires. Selon les informations communiquées à l’occasion de l’audience présidentielle, le démarrage des travaux est prévu en 2027. Cette infrastructure devrait permettre de tripler la capacité nationale de raffinage, avec pour objectif de renforcer la production locale de produits pétroliers et de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs en produits raffinés.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a également insisté sur la nécessité de disposer de réserves de produits pétroliers correspondant à 90 jours de consommation. Un tel objectif implique cependant des investissements complémentaires dans les capacités de stockage, les installations logistiques et les circuits de distribution. À ce stade, le coût de la nouvelle raffinerie, sa capacité exacte de traitement, son modèle de financement et sa date prévisionnelle de mise en service restent à préciser.

Mabounié : 1 120 milliards de FCFA pour valoriser les minerais stratégiques

Le second dossier examiné à Pékin porte sur le développement du gisement de Mabounié, connu pour son potentiel en niobium et en terres rares. Le groupe chinois ENFI, spécialisé dans l’ingénierie minière, intervient comme partenaire du projet. Les investissements annoncés sont évalués à 2 milliards de dollars, soit environ 1 120 milliards de FCFA, avec la perspective de créer plusieurs milliers d’emplois. Ces projections devront toutefois être précisées à mesure que le projet progressera vers sa phase opérationnelle.

L’intérêt économique de Mabounié dépasse la seule extraction minière. Le niobium est notamment utilisé dans la fabrication d’aciers spéciaux, tandis que certaines terres rares entrent dans la production d’équipements industriels et de technologies avancées. Pour les autorités gabonaises, l’enjeu consiste à développer des activités de transformation sur place afin de conserver une part plus importante de la valeur ajoutée. Cette ambition nécessitera des installations industrielles adaptées, des procédés de traitement maîtrisés et des mécanismes de gestion des impacts environnementaux.

L’énergie et les compétences, deux conditions de réussite

La concrétisation de ces deux projets soulève la question de la disponibilité des infrastructures énergétiques. Une raffinerie pétrolière comme une installation de traitement de minerais stratégiques nécessitent une alimentation régulière en énergie, des équipements spécialisés et des dispositifs de maintenance performants. Les investissements annoncés dans le secteur électrique, notamment à l’occasion de cette même visite d’État en Chine, pourraient contribuer à répondre à certains besoins, sous réserve de leur réalisation effective et de leur raccordement aux sites industriels.

La formation professionnelle constitue un autre enjeu déterminant. Le développement de ces activités pourrait créer des emplois dans l’ingénierie, la chimie industrielle, la métallurgie, la maintenance et la logistique. Encore faudra-t-il prévoir des programmes de qualification et des engagements contractuels favorisant le recrutement des Gabonais, la participation des entreprises locales et le transfert de compétences. Sans ces dispositions, une partie importante des retombées économiques pourrait rester concentrée sur les phases de construction et les prestations techniques assurées par des opérateurs étrangers.

Des annonces à traduire en investissements effectifs

Les projets de raffinerie et de transformation minière traduisent une ambition commune : réduire la dépendance du Gabon à l’exportation de matières premières et renforcer sa capacité à produire localement des biens à plus forte valeur ajoutée. Leur développement pourrait également contribuer à diversifier les recettes économiques et à structurer de nouvelles chaînes de sous-traitance industrielle.

Toutefois, les annonces faites à Pékin ne suffisent pas à établir que l’ensemble des financements est définitivement mobilisé. La nature des accords conclus, les engagements financiers des partenaires, les calendriers d’exécution et les garanties éventuelles de l’État devront être documentés. Pour le Gabon, le véritable enjeu sera de transformer ces perspectives d’investissement en infrastructures opérationnelles, en emplois qualifiés et en activités industrielles durables. Car au-delà des milliards annoncés, c’est la capacité du pays à raffiner son pétrole et à transformer ses minerais sur son propre territoire qui permettra de mesurer la portée économique de ces partenariats.

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Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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