Gabon : après les dépistages gratuits, quid de la prise en charge des drépanocytaires ?
Le 19 juin a marqué la Journée internationale de lutte contre la drépanocytose, une maladie génétique qui touche des millions de personnes à travers le monde. Au Gabon, cette date est souvent rythmée par des campagnes de sensibilisation, des conférences et des opérations de dépistage gratuit. Des initiatives saluées par les associations de patients qui y voient un moyen efficace de prévenir la maladie. Toutefois, derrière ces actions largement relayées, une préoccupation demeure, que deviennent les personnes diagnostiquées drépanocytaires après le dépistage ?
Connaître son statut grâce à l’électrophorèse de l’hémoglobine constitue une étape essentielle dans la lutte contre cette pathologie. Cet examen permet d’identifier les porteurs du gène S et d’éviter de nouvelles transmissions. Mais pour les malades déjà atteints, le véritable défi commence après le diagnostic. Entre les consultations régulières, les hospitalisations fréquentes et les traitements parfois coûteux, la prise en charge reste un lourd fardeau pour de nombreuses familles.
Une maladie qui coûte cher aux patients
Sur les réseaux sociaux, les appels à l’aide se multiplient. Faute de moyens financiers, de nombreux patients peinent à acheter leurs médicaments ou à réaliser certains examens indispensables à leur suivi médical. À cela s’ajoute la question de la couverture sanitaire. En effet, plusieurs traitements prescrits aux drépanocytaires ne sont toujours pas pris en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Certains antibiotiques essentiels, notamment pour les enfants, restent onéreux et alourdissent considérablement les dépenses des ménages déjà fragilisés par la maladie.
Au-delà du coût des médicaments, d’autres insuffisances freinent les progrès dans la lutte contre la drépanocytose. Notamment, le diagnostic prénatal qui demeure inaccessible pour une grande partie des couples en raison de son prix élevé. Le dépistage néonatal peine encore à se généraliser, tandis que les transfusions sanguines, pourtant vitales dans certains cas, restent parfois difficiles d’accès. Quant aux vaccins recommandés en dehors du Programme élargi de vaccination (PEV), ils représentent une charge financière supplémentaire pour les familles.
Au-delà du dépistage, l’urgence d’un accompagnement durable
Si les campagnes de sensibilisation et les dépistages gratuits constituent des avancées importantes, elles ne sauraient à elles seules répondre aux besoins des personnes vivant avec la drépanocytose. Les associations de patients plaident depuis plusieurs années pour des mesures plus concrètes, notamment la création d’un centre spécialisé dédié à leur prise en charge, l’amélioration de la couverture des traitements par la CNAMGS ainsi que la généralisation du dépistage dès la naissance. Car lutter efficacement contre la drépanocytose ne consiste pas uniquement à identifier les malades, mais surtout à leur garantir un accès durable aux soins et à une meilleure qualité de vie.










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