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Port-Gentil : un préavis de grève illimitée menace les sites de TotalEnergies

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Le climat social se tend à nouveau dans le secteur pétrolier gabonais. À Port-Gentil, le Syndicat des employés, ex-employés et retraités du pétrole et activités connexes (SEERPAC) a déposé, le 12 janvier 2026, un préavis de grève illimitée visant les sociétés Dietsmann Gabon et Petroleum Services Gabon (PSG), opérant sur les installations de TotalEnergies EP Gabon. En toile de fond : des revendications salariales, juridiques et sociales liées à la mise à disposition du personnel.

Un préavis formellement déposé et juridiquement encadré. Dans un courrier adressé aux directions générales de Dietsmann Gabon, de PSG et de TotalEnergies EP Gabon, le SEERPAC annonce un préavis de grève de dix jours, courant du lundi 12 janvier au jeudi 22 janvier 2026 à 23h59. Le syndicat fonde sa démarche sur les dispositions du Code du travail gabonais, notamment l’article 379, ainsi que sur la loi n°20/2007 encadrant la mise à disposition du personnel.

Selon le syndicat, les travailleurs concernés estiment que leurs droits sont « bafoués » et dénoncent une situation de précarisation progressive, nourrie par un traitement salarial jugé discriminatoire par rapport aux employés de l’entreprise utilisatrice, TotalEnergies EP Gabon.

Arrimage salarial et embauche directe au cœur des revendications

Au cœur du conflit, deux exigences majeures. La première porte sur « l’arrimage, avec effet rétroactif, des salaires, primes et indemnités » des employés de Dietsmann Gabon et de PSG sur la grille salariale de TotalEnergies EP Gabon, conformément à la loi sur la mise à disposition du personnel. La seconde concerne l’embauche directe, par l’opérateur pétrolier, des travailleurs actuellement mis à disposition sur ses sites, bases et ateliers.

Pour le SEERPAC, la situation actuelle crée une inégalité de traitement contraire à l’article 9 du Code du travail, qui proscrit toute discrimination entre salariés.

Une grève encadrée, mais aux conséquences lourdes

Le syndicat précise qu’en cas de déclenchement effectif de la grève, un service minimum de 40 % de l’activité sera assuré, conformément à l’article 385 du Code du travail. Ce dispositif viserait à maintenir un niveau minimal de production, notamment dans les installations fonctionnant en cycle continu.

Toutefois, l’ampleur du mouvement annoncé fait planer le risque de perturbations significatives sur l’activité pétrolière à Port-Gentil, poumon économique du pays. À défaut d’un dialogue social rapide et structuré, ce préavis pourrait ouvrir un nouveau front social dans un secteur déjà stratégique et sensible pour l’économie gabonaise.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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