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Gabon : seulement 8,9 % d’exportations vers l’Afrique

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Malgré l’immense marché de 1,4 milliard de consommateurs promis par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le Gabon peine encore à imposer ses produits chez ses voisins. Aujourd’hui, les exportations gabonaises à destination du reste de l’Afrique plafonnent à un timide 8,9 % du volume global de ses échanges. Ce chiffre, tiré des notes de conjoncture économique, souligne le long chemin qu’il reste à parcourir pour Libreville. 

Il faut dire que la balance penche d’ailleurs nettement de l’autre côté : le continent représente 28,3 % des importations nationales, consolidant l’Afrique comme le deuxième fournisseur officiel du pays.

Le levier de la ZLECAF pour sortir du tout-pétrole

Cette asymétrie commerciale est précisément au cœur des préoccupations du gouvernement. Le 18 juin 2026, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu Wamkele Mene, le secrétaire général de la ZLECAF, afin de jeter les bases d’une intégration plus agressive. Pour le Gabon, l’équation est vitale : il faut impérativement rompre avec la dépendance historique aux hydrocarbures. 

Le salut économique passera par le développement de secteurs stratégiques comme l’agro-industrie, l’exploitation minière et le secteur tertiaire. En s’appuyant sur un commerce intra-africain en pleine expansion, attendu à 230 milliards de dollars cette année, Libreville compte bien inverser la tendance.

La vitrine de Nkok comme fer de lance

Pour réussir ce pari, le pays possède déjà des atouts majeurs dans sa manche. Lors de son passage, le patron de la ZLECAF a d’ailleurs salué le rôle central que pourrait jouer la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok, véritable hub industriel capable de fournir des marchandises transformées à forte valeur ajoutée à toute la sous-région. En combinant la montée en puissance de l’économie numérique et une position géographique stratégique au cœur de l’Afrique centrale, le Gabon est armé pour conquérir de nouvelles parts de marché.

Briser les barrières régionales

Pourtant, la route est parsemée d’embûches. En Afrique centrale, la fluidité des échanges est encore paralysée par le déficit d’infrastructures de transport et des coûts logistiques prohibitifs. C’est l’un des grands paradoxes d’une intégration qui, sur le papier, promet pourtant de faire grimper la part du commerce intra-africain au-delà des 50 % à l’horizon 2035. 

La feuille de route gabonaise est donc claire : moderniser ses circuits, transformer localement ses matières premières et faire de la ZLECAF le moteur principal de sa résilience économique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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