Gabon : le Conseil national devient Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne
Réuni le 26 février 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC). Porté par le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, le texte acte la transformation du Conseil national de la démocratie pour l’arrimer à l’architecture institutionnelle de la Vème République.
L’exécutif poursuit la reconfiguration des institutions héritées de la période antérieure. Parmi les textes examinés lors du Conseil des ministres figure une ordonnance instituant la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne. Porté par François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, le projet est pris en application de l’article 99 de la Constitution, qui habilite le gouvernement à légiférer par voie d’ordonnance.
Un changement de dénomination… et de périmètre
Avec ce texte, le Conseil national de la démocratie change de statut et de dénomination pour devenir la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC). Selon le communiqué final, cette évolution répond à la nécessité de s’arrimer à l’architecture institutionnelle de la Vème République et de renforcer la crédibilité ainsi que la stabilité du système démocratique.
Au-delà du simple changement d’appellation, la réforme entend élargir le champ d’intervention en intégrant explicitement la notion de participation citoyenne, devenue centrale dans le discours institutionnel post-transition.
Un Observatoire pour scruter la vie politique
L’innovation majeure du texte réside dans la création d’un Observatoire, érigé en organe technique au sein de la nouvelle Commission. Cet Observatoire aura pour mission de collecter, analyser et exploiter des données relatives à la vie politique et aux campagnes électorales. Il devra identifier les dynamiques, les tendances, les enjeux et les problématiques de la vie démocratique. L’objectif affiché est de doter l’État d’un instrument d’analyse structuré, capable de produire des données fiables sur le fonctionnement du système politique.
Dans un contexte marqué par des débats intenses sur la régulation de l’espace politique et numérique, la création de la CNDPC intervient à un moment stratégique. Si le gouvernement met en avant le renforcement de la participation citoyenne et la consolidation démocratique, l’efficacité et l’indépendance réelle de cet organe constitueront des critères déterminants pour juger de sa portée.
En transformant le Conseil national de la démocratie en Commission nationale dotée d’un Observatoire, l’exécutif ouvre une nouvelle séquence institutionnelle. Reste à savoir si cette réforme se traduira par un approfondissement du débat démocratique… ou par un encadrement accru de la vie politique.








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