Climat et énergie : le cri d’alarme d’Antonio Guterres à Londres
S’exprimant à l’occasion de la Semaine d’action pour le climat, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) Antonio Guterres a dressé un bilan sans concession de l’état de la planète, fustigeant notre dépendance collective aux hydrocarbures.
Devant un parterre de dirigeants réunis à Londres, Antonio Guterres a invoqué Dickens pour dépeindre un monde prisonnier d’un « scénario digne d’un Conte de deux crises ». D’un côté, le chaos climatique s’accélère sous nos yeux, illustré par onze années de records absolus de chaleur. De l’autre, le conflit au Moyen-Orient provoque un choc énergétique d’une ampleur exceptionnelle, comparable aux bouleversements des années 1970. Pour le chef de l’ONU, ces deux fléaux partagent la même force destructrice : « Les combustibles fossiles ».
Le constat scientifique est sans appel. Le seuil fatidique d’un réchauffement limité à 1,5 °C est sur le point d’être franchi. Pour Antonio Guterres, les points de bascule de la Terre sont désormais « comme des objets dans le rétroviseur d’une voiture : ils sont bien plus proches qu’il n’y paraît ». Face à l’effondrement des barrières de corail ou à la transformation de l’Amazonie en savane, continuer de miser sur ce modèle dépassé « revient à payer davantage pour une sécurité moindre ».
Le sursaut vert comme unique alternative
Pourtant, l’espoir demeure tangible car la révolution des énergies renouvelables est en marche. Contrairement aux chocs du siècle passé, l’humanité dispose aujourd’hui de technologies mûres et accessibles, le coût du solaire ayant chuté de près de 90 % depuis 2010.
« L’indépendance énergétique ne peut se fonder sur la dépendance aux combustibles fossiles », a martelé le Secrétaire général, rappelant avec force qu’« il n’y a pas d’embargos sur le soleil, ni de blocus sur le vent ».
Une feuille de route face aux nouveaux défis
Pour tourner définitivement la page, le diplomate propose un plan rigoureux, à commencer par une offensive contre le méthane. Sommant le secteur pétro-gazier de cesser le brûlage à la torche, il a exhorté les gouvernements à taxer les profits records des géants énergétiques, qualifiés de « fruit de la souffrance », afin d’aider les familles vulnérables.
Enfin, Guterres a pointé du doigt les nouveaux angles morts de notre siècle, ciblant les centres de données de l’intelligence artificielle, extrêmement énergivores. Exigeant que les géants de la Tech jouent « cartes sur table » sur leur empreinte écologique, il a également réclamé une refonte de la justice financière pour injecter des capitaux en Afrique, continent qui abrite 60 % des meilleures ressources solaires mondiales mais ne reçoit que 2 % des investissements.
En conclusion, le chef de l’ONU appelle à un choix historique : « Nous pouvons enfin tourner la page des combustibles fossiles et bâtir un avenir alimenté par les énergies renouvelables »










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