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UOB : 80 % d’analphabétisme numérique chez les étudiants

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Selon des révélations publiées par le média Direct Infos Gabon, près de 80 % des étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) ne maîtrisent pas l’outil informatique. Cette statistique alarmante a été dévoilée le 15 juin 2026, à l’occasion du lancement du programme « Numerik’Avenir », une initiative conjointe du CCPE-ZON et de la société VAALCO Energy Gabon. Pour un pays qui affiche de grandes ambitions en matière de transition technologique, ce chiffre met en lumière un fossé grandissant. Loin d’être une simple anomalie statistique, il s’agit du symptôme criant d’une faillite structurelle face aux exigences du XXIe siècle.

Comment expliquer un tel retard à l’ère du tout-numérique ? Pour comprendre la profondeur du problème, il faut d’abord pointer du doigt les défaillances institutionnelles qui paralysent l’établissement. À l’UOB, les infrastructures numériques brillent par leur absence. Entre le manque cruel de salles informatiques dignes de ce nom et l’absence d’une couverture internet globale sur le campus, les étudiants se retrouvent livrés à eux-mêmes. 

De surcroît, aucune politique sérieuse n’a été menée par l’État ou la gouvernance universitaire pour former le corps enseignant à ces outils indispensables. Dans un tel contexte de sous-investissement public chronique, exiger d’un jeune qu’il sache manipuler des logiciels de base comme Word ou Excel relève tout simplement de l’utopie.

L’illusion des solutions temporaires

Face à l’ampleur de cette crise, le secteur privé tente de colmater les brèches, mais le compte n’y est pas. Financé à hauteur de 20 millions de francs CFA par VAALCO dans le cadre de sa responsabilité sociétale des entreprises (RSE), le programme Numerik’Avenir ambitionne de former 2 000 jeunes par cohorte. En dix jours, ces derniers doivent acquérir une initiation aux logiciels de bureautique essentiels.

Si la démarche reste louable et indispensable à court terme, elle se heurte rapidement à la dure réalité des chiffres, comme le souligne Direct Infos Gabon. Prétendre armer 2 000 étudiants quand la population universitaire globale en compte plusieurs dizaines de milliers revient à vouloir soigner une hémorragie avec un simple pansement. Sans une refonte globale et structurelle du système éducatif gabonais, l’université continuera d’entériner les lacunes du secondaire, condamnant sa jeunesse à la marge du monde professionnel moderne.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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