Gabon : le patrimoine culturel à l’heure des inventaires communautaires
Du 15 au 19 juin 2026, Libreville a accueilli un atelier consacré à l’élaboration des inventaires du patrimoine culturel immatériel (PCI) avec la participation des communautés. Cette initiative ambitieuse répond à un besoin pressant de renforcer les compétences techniques locales en matière d’identification et de documentation culturelle.
L’événement s’est distingué par une configuration partenariale d’exception. Le grand orchestrateur et principal organisateur de cette activité n’est autre que le Directeur général du Centre international de formation sur le patrimoine culturel immatériel dans la région Asie-Pacifique (CRIHAP) Zhang Jing, un organisme placé sous les auspices de l’UNESCO. Pour la première fois de son histoire, ce centre déploie son expertise hors de sa zone géographique d’origine, marquant ainsi son 100e atelier de formation.
Lors de son intervention le Directeur général du CRIHAP a souligné d’ailleurs la portée de cet événement. « Ce workshop symbolise notre engagement à jeter des ponts entre les régions, à favoriser l’apprentissage mutuel entre les civilisations et à faire progresser la coopération Sud-Sud à travers la culture et le patrimoine », a-t-il indiqué.
Ce programme d’envergure est mené en étroite collaboration avec le Ministère gabonais de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel, des Arts et de la Vie associative, ainsi que le Centre régional de l’UNESCO pour la sauvegarde du PCI en Afrique (CRESPIAF). De plus, l’ambassade de Chine au Gabon apporte un soutien de premier plan à cette dynamique. Lors de son allocution, l’Ambassadeur Zhou Ping a rappelé que « le patrimoine culturel immatériel, mémoire vivante des peuples, donne à chaque communauté son identité et sa dignité ».
Le patrimoine vivant comme pilier de développement
Le choix du Gabon n’est pas fortuit. Si le pays a célébré l’inscription du Mvet Oyeng sur la Liste représentative de l’humanité en décembre 2025, des défis opérationnels persistent au niveau de la collecte des données. Le ministre de la Culture Paul Ulrich Kessany a réaffirmé l’importance stratégique de ces assises. « Dans un contexte marqué par la mondialisation, les mutations sociales et les transformations technologiques, la préservation de ce patrimoine vivant devient un impératif. Nous avons la responsabilité de transmettre aux générations futures les richesses culturelles », a déclaré le membre du gouvernement. Sous l’impulsion du Chef de l’État, SE Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de faire de la culture un levier de cohésion nationale.
Vers un dialogue renforcé des civilisations
A noter que cet atelier coïncide avec l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels. À travers des sessions théoriques et des immersions pratiques sur le terrain, les praticiens locaux, les chercheurs et les dépositaires des savoirs traditionnels s’approprient les normes de la Convention de 2003 de l’UNESCO. En structurant un réseau national d’experts gabonais, Libreville pose les jalons d’une transmission pérenne et inclusive de son héritage aux générations futures.










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