Banque mondiale : 3,86 milliards de tonnes de déchets attendues par an d’ici 2050
Selon le rapport What a Waste 3.0 publié par le Groupe de la Banque mondiale, le volume annuel de déchets pourrait atteindre 3,86 milliards de tonnes d’ici 2050 si aucune inflexion majeure n’est engagée. Cette projection correspond à une hausse d’environ 50 % par rapport aux niveaux actuels, ce qui confirme une dynamique déjà à l’œuvre depuis plusieurs décennies. Le document souligne que cette croissance est alimentée par l’urbanisation rapide, l’augmentation des revenus et la consommation accrue dans de nombreuses régions du monde.
Cette trajectoire inquiète d’autant plus qu’elle dépasse les capacités actuelles de gestion. Les infrastructures existantes risquent d’être rapidement saturées, aggravant les défaillances déjà observées dans de nombreux pays. Aujourd’hui encore, près d’un tiers des déchets ne sont pas correctement collectés ou finissent dans des décharges sauvages, ce qui amplifie les risques sanitaires et environnementaux. Le rapport met en garde contre un effet domino. Pollution accrue, émissions de gaz à effet de serre et pertes économiques pourraient freiner le développement mondial.
Une crise mondiale aux impacts économiques, sociaux et sanitaires
En plus des volumes inquiétants, la composition des déchets révèle l’ampleur du défi. Les déchets alimentaires représentent à eux seuls environ 38 % du total, contribuant fortement aux émissions de méthane. En moyenne, chaque individu génère 0,88 kg de déchets par jour, une donnée qui illustre la pression quotidienne exercée sur les systèmes de collecte. Pourtant, ce secteur constitue aussi un pilier économique puisque près de 18 millions de personnes travaillent déjà dans la gestion des déchets urbains, bien que souvent dans des conditions précaires.
Face à cette situation, la Banque mondiale insiste sur l’urgence d’une transformation structurelle. Le rapport What a Waste 3.0 démontre qu’avec des investissements soutenus, estimés entre 0,3 % et 0,8 % du PIB, et des politiques adaptées, il est possible de stabiliser la production de déchets et maintenir la croissance économique. Le développement d’infrastructures modernes, l’amélioration des services et l’intégration de l’économie circulaire pourraient limiter la crise et créer des millions d’emplois, transformant ainsi un fardeau en opportunité durable.









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