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Gabon : Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce «l’illusion d’un nouveau départ»

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Dans une tribune au ton critique, le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain Claude Bilie-By-Nze, conteste l’usage par les autorités de la notion des « 100 jours ». Selon lui, invoquer ce concept près d’un an après l’entrée en fonction relève d’un « glissement sémantique » et d’un habillage communicationnel déconnecté de la tradition institutionnelle.

Pour l’ancien Premier ministre, le débat dépasse la simple communication politique. Il s’agit, écrit-il, d’un problème de cohérence historique et institutionnelle. « On ne recrée pas le premier jour quand le calendrier républicain a déjà largement commencé son cours », affirme-t-il, estimant que la référence aux « 100 jours » ne peut être détachée de son ancrage historique.

Une notion historiquement située

Alain-Claude Bilie-By-Nze rappelle que l’expression renvoie d’abord aux « Cent-Jours » de Napoléon Bonaparte en 1815, puis à la séquence inaugurale du mandat de Franklin D. Roosevelt en 1933, marquée par l’adoption rapide de réformes structurelles majeures dans le cadre du New Deal. Dans ces deux cas, souligne-t-il, la notion correspond à « un commencement, une impulsion initiale, un moment fondateur où un pouvoir fraîchement investi imprime sa marque ». Elle serait donc indissociable du début effectif d’un mandat.

Pour le président d’EPG, un exécutif en place depuis près d’un an ne se trouve plus dans une phase d’installation. « Après presque un an, la question n’est pas : “Que ferez-vous en 100 jours ?” La question est : “Qu’avez-vous fait depuis le premier jour ?” », écrit-il.

Il estime qu’annoncer aujourd’hui un « nouveau départ » reviendrait implicitement à reconnaître une impulsion initiale insuffisante. Selon lui, « les décisions structurantes d’un pouvoir se prennent dans les premières semaines », qu’il s’agisse d’orientations budgétaires, de priorités économiques ou de méthode de gouvernance.

Une référence à son expérience institutionnelle

L’ancien chef du gouvernement rappelle avoir lui-même utilisé la notion des « 100 jours » lorsqu’il occupait la primature. À l’époque, précise-t-il, cette séquence était adossée à « un gouvernement nouvellement constitué, un discours de politique générale présenté devant la représentation nationale, une feuille de route formalisée et un bilan identifié ». 

Dans l’architecture institutionnelle actuelle, marquée par la suppression de la fonction de Premier ministre et l’absence de discours de politique générale soumis au vote parlementaire, il s’interroge : « À quoi correspond aujourd’hui cette invocation des “100 jours” ? »

Au-delà de la critique politique, la tribune pose une question plus large : celle de la cohérence entre les mots employés et la réalité institutionnelle. Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, « la crédibilité d’un pouvoir ne se décrète pas. Elle se construit dès le premier jour ».

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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