Libreville : une notaire condamnée avec sursis pour « escroquerie foncière » !
C’est un verdict qui ébranle le prestige de la profession notariale au Gabon. En effet, selon le récit de notre confrère le quotidien L’Union, le Tribunal correctionnel de Libreville a condamné, le 17 février 2026, Maître Inès Leslie Mouyaga à 6 mois de prison avec sursis et à verser 13 millions de FCFA de dommages et intérêts. Cette auxiliaire de justice a été reconnue coupable d’escroquerie et abus de confiance.
3 jours, c’est le temps d’expiration qui a été accordé à Maître Inès Leslie Mouyaga par la justice après avoir consommé la Saint-Valentin. Un scénario digne d’un film tant il en dénote une antinomie entre la fonction et l’acte. Et pour cause, une notaire est, par essence, une auxiliaire de justice dont la mission est de sécuriser les transactions et de protéger le citoyen. Pourtant, dans ce dossier foncier, le sceau officiel a servi de paravent à une manipulation cynique.
Le sceau de la trahison
Selon le récit de L’Union, reprenant fidèlement les échanges lors du procès, la mise en cause aurait sciemment joué de roublardise pour se tailler la part du roi. Pour faire clair, en certifiant qu’un titre foncier était libre de tout nantissement sans en aviser le propriétaire légitime, la notaire n’a pas seulement commis une erreur administrative. Maître a orchestré un stratagème délibéré pour tromper la vigilance d’un acquéreur confiant.
L’étrangeté de l’affaire atteint son paroxysme avec la gestion des fonds. Puisqu’en acceptant d’encaisser des sommes en espèces au sein même de son étude, en dehors des circuits comptables obligatoires, Madame le Notaire a, aux yeux des juges, transformé un sanctuaire du droit en un comptoir de l’informel. Comment une officière publique, dont le rôle est de garantir la transparence, a-t-elle pu sombrer dans l’opacité la plus totale pour des gains pécuniaires immédiats ?
Cette dérive, qui ne serait pas un cas isolé dans la corporation, est de nature à discréditer la profession de Notaire, en particulier. La soif de profit a-t-elle désormais plus de poids que le serment professionnel ? Si le tribunal a accordé le sursis en raison de son statut de primodélinquante, le mal est fait. En violant la loi pour des intérêts personnels, elle a brisé le lien sacré de confiance entre le client et l’expert, rappelant que sous la robe, l’intégrité reste un choix quotidien.








GMT TV