Gabon : Jean Valentin Leyama dénonce la «transhumance opportuniste» autour d’Oligui Nguema
Alors que Brice Clotaire Oligui Nguema séjourne à Ngouoni après plusieurs mois marqués par un agenda particulièrement soutenu, Jean Valentin Leyama monte au créneau contre ceux qui semblent avoir transformé le village du chef de l’État en nouvelle destination de circonstance. L’ancien député de la Transition dénonce une forme de « transhumance opportuniste » et appelle responsables politiques, courtisans et connaissances du président à respecter son temps de repos. « Laissez le président de la République se reposer et s’amuser ! », assène-t-il.
Après les obligations institutionnelles, place au repos. Pour Jean Valentin Leyama, rien ne devrait être plus normal pour le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, que de pouvoir momentanément lever le pied après plusieurs mois d’intense activité. Diplomatie, déplacements internationaux, visites de chefs d’État à Libreville, inspections de chantiers et célébrations du 17 août : l’ancien parlementaire estime que le rythme présidentiel justifie pleinement une parenthèse loin de la capitale.
« Vous n’avez pas de villages ? »
Seulement, à l’en croire, Ngouoni semble progressivement devenir une extension de Libreville. Des personnalités habituées à côtoyer le chef de l’État dans la capitale auraient pris la direction de son village, au point que certaines auraient même opportunément rejoint l’Association Tsoumou de Ngouoni. Une situation que Jean Valentin Leyama observe avec une ironie à peine dissimulée.
Pour l’ancien député de la Transition, le problème ne réside évidemment pas dans le fait de se rendre à Ngouoni, mais dans cette propension de certains acteurs à suivre le détenteur du pouvoir jusque dans son espace de repos. Une proximité recherchée qui prend, sous sa plume, les allures d’une véritable transhumance politique et sociale.
« Les personnes qu’il voit régulièrement à Libreville le poursuivent à Ngouoni, certains ont même opportunément adhéré à l’Association Tsoumou de Ngouoni », déplore Jean Valentin Leyama. Et d’enfoncer le clou : « De Moanda, je suis à 1h de Ngouoni, j’aurais pu moi aussi m’installer à Ngouoni où je compte une nombreuse famille mais non, je laisse le Président se reposer dans son village. Vous n’avez pas de villages ? »
Quand la proximité avec le pouvoir devient une stratégie
Derrière la formule volontairement provocatrice se dessine une critique plus politique : celle d’une culture de la proximité avec le pouvoir dans laquelle certains responsables chercheraient continuellement à être vus aux côtés du chef de l’État. Après les bureaux, cérémonies officielles et déplacements institutionnels, faudrait-il désormais également investir le village présidentiel pour demeurer dans le premier cercle ?
Jean Valentin Leyama invite implicitement à distinguer la disponibilité institutionnelle du président de sa vie privée et de ses moments de détente. Car le chef de l’État demeure, rappelle-t-il en substance, « un être humain tout de même » qui, après un agenda particulièrement chargé, « a besoin de se reposer ».
Son message tient finalement en une injonction aussi simple que mordante, écrite en lettres capitales : « LAISSEZ LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SE REPOSER ET S’AMUSER ! ». Une sortie qui, au-delà de son caractère sarcastique, met en lumière une veille constante de la vie politique gabonaise : cette course à la proximité présidentielle qui conduit parfois certains à suivre le pouvoir jusque dans ses lieux de villégiature.









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