Makokou : plus de 53% de la viande consommé en provenance de la chasse
Selon des informations rapportées par l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), le gouvernement gabonais a franchi une étape décisive dans la gestion de ses ressources fauniques. Le 1er avril dernier, une réforme ambitieuse a été dévoilée pour encadrer la chasse et la commercialisation de la viande de brousse, un secteur vital pour l’économie locale mais resté trop longtemps dans l’informel.
L’urgence de cette réforme est soulignée par des chiffres éloquents. À Makokou, aux abords de la réserve d’Ipassa, la faune sauvage n’est pas un luxe mais une nécessité vitale. Une étude récente révèle que 53,1 % de la viande consommée par les ménages provient directement de la chasse. Ce constat illustre l’importance capitale de cette ressource pour la sécurité alimentaire des populations forestières.
Régulariser pour mieux protéger
Pour le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, l’objectif est de sortir les acteurs de la précarité juridique. « Nous avons des chasseurs dans les villages, il faut qu’on les régularise », a-t-il déclaré, précisant qu’une collaboration étroite avec le ministère de l’Intérieur permettra l’octroi de permis de port d’armes et de permis de chasse numérisés.
Cette modernisation ne s’arrête pas à la forêt. Le gouvernement prévoit de lancer un projet pilote à Koulamoutou, où des points de vente agréés seront installés. Ces structures permettront aux chasseurs en règle de déposer leur gibier dans des conditions de conservation et d’hygiène rigoureusement contrôlées.
Un bilan écologique encourageant
Cette réforme s’appuie sur une dynamique positive en matière de conservation. Les efforts de lutte contre le braconnage portent leurs fruits : alors que le déclin de la faune sauvage atteignait 7 % par an entre 2002 et 2011, il a été ramené à 0,7 % sur la période 2016-2023.
En structurant cette filière, le Gabon ambitionne de devenir un modèle continental, capable de concilier le respect de la biodiversité, la dignité des chasseurs ruraux et les besoins nutritionnels de ses citoyens.









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