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Infrastructures : Le Gabon sollicite le géant émirati KEZAD pour le port de Mayumba

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En mission officielle à Abu Dhabi récemment, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a engagé des discussions décisives pour le développement de la façade maritime méridionale du pays. Au centre de ce voyage stratégique figure le projet historique du port en eau profonde de Mayumba, situé dans la province de la Nyanga. Comme le révèle une enquête détaillée de Sika Finance, Libreville a formellement ciblé un partenaire de rang mondial : le groupe Khalifa Economic Zones Abu Dhabi (KEZAD Group).

Filiale de l’éminente holding Abu Dhabi Ports Group, KEZAD incarne un modèle d’intégration industrielle que les autorités gabonaises aspirent aujourd’hui à répliquer. L’objectif est de transposer l’écosystème du célèbre Khalifa Port au Gabon, en combinant des infrastructures portuaires de pointe, des services logistiques à haute valeur ajoutée et une zone économique spéciale intégrée.

Pendant des décennies, le port de Mayumba est resté confiné au statut de promesse politique, éclipsé par la domination d’Owendo. Cependant, la donne économique a changé. Le sud du pays concentre désormais des projets industriels majeurs qui rendent la construction de cette passerelle maritime non plus optionnelle, mais vitale pour l’économie nationale.

L’effet d’entraînement des mégaprojets miniers

D’après les analyses partagées par Sika Finance, le déclencheur de cette accélération est avant tout le projet potassique de Banio, piloté par la compagnie canadienne Millennial Potash. Situé à moins de cent kilomètres de Mayumba, ce gisement s’impose comme l’un des plus importants d’Afrique centrale. Néanmoins, sa viabilité financière dépend entièrement d’un débouché maritime proche, indispensable pour exporter la potasse à des coûts compétitifs. L’impact de cette infrastructure dépasserait largement le seul secteur minier. 

Actuellement, les filières du bois et des produits transformés de la Ngounié et de la Nyanga subissent de lourdes pénalités logistiques en raison de l’éloignement des ports existants. De surcroît, bien que le mégaprojet de Kobe-Kobe capte l’essentiel de l’attention, le port en eau profonde de Mayumba s’imposerait comme une alternative robuste pour évacuer les flux de vrac issus des gisements de fer de Belinga et de Baniaka. En s’alliant potentiellement avec les Émirats arabes unis, le Gabon cherche enfin à libérer le potentiel commercial de ses provinces méridionales.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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