Gabon : réformer sans fragiliser, Yves Fernand Manfoumbi plaide pour une trajectoire économique équilibrée
Dans une tribune, l’ancien ministre Yves Fernand Manfoumbi appelle à une réforme économique lucide, conciliant discipline budgétaire, efficacité de la dépense publique et préservation de la cohésion sociale. Une position qui intervient dans un contexte de repositionnement stratégique du Gabon face aux exigences économiques internationales.
À l’heure où les débats sur les réformes économiques se polarisent, Yves Fernand Manfoumbi propose une lecture nuancée. Pour lui, « un programme ne réussit que lorsqu’il est économiquement crédible, politiquement soutenable et socialement accepté ». Une approche qui rompt avec les visions extrêmes, entre rejet systématique des réformes et application technocratique déconnectée des réalités sociales.
Restaurer la crédibilité économique sans austérité aveugle
L’ancien ministre insiste sur la nécessité pour le Gabon d’« envoyer un signal clair » en matière de gestion publique. Cela passe notamment par le renforcement des recettes non pétrolières, la modernisation de l’administration fiscale et la réduction des exonérations jugées inefficaces.
Mais au-delà des recettes, il place la qualité de la dépense publique au cœur de la réforme. « L’objectif n’est pas de réduire aveuglément les budgets », écrit-il, mais de s’assurer que chaque franc investi contribue à la croissance et à l’emploi.
Repenser la performance des entreprises publiques
Dans cette logique, les entreprises publiques doivent également être réformées. Acteurs clés du développement, elles sont appelées à renforcer leur performance à travers « plus de transparence, de discipline de gestion et d’exigence de résultats ».
Une orientation qui renvoie à la nécessité de mieux encadrer les entités publiques, souvent critiquées pour leur faible rentabilité et leur poids sur les finances de l’État.
Préserver la cohésion sociale, condition de réussite des réformes
Pour Yves Fernand Manfoumbi, aucune réforme ne peut réussir sans prise en compte de la réalité sociale. Il insiste sur la nécessité de préserver les dépenses essentielles, notamment en matière d’éducation, de santé et de protection sociale.
Les ajustements, notamment les plus sensibles, doivent être « progressifs », afin d’éviter toute rupture sociale. Une mise en garde qui souligne les risques d’une réforme perçue comme injuste ou brutale.
Trouver l’équilibre entre discipline et stabilité
Au final, l’enjeu central réside dans la capacité à concilier discipline économique et stabilité sociale. Le Gabon dispose, selon lui, d’atouts majeurs – ressources naturelles, position stratégique et potentiel industriel – mais leur valorisation exige une vision cohérente. « Réformer n’est pas une contrainte subie », affirme-t-il, mais un « choix souverain » pour renforcer la crédibilité du pays et préparer une croissance durable.
Dans un contexte de refondation économique, cette tribune pose les termes d’un débat essentiel : comment transformer l’économie gabonaise sans fragiliser son tissu social ? Une équation délicate, mais déterminante pour l’avenir du pays.










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