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Gabon : la richesse du pays estimé à 60 000 milliards de FCFA en 2020 selon la Banque mondiale

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Selon des données relayées par Financial Afrik, le Gabon se trouve à la croisée des chemins. Si le pays dispose d’un patrimoine global impressionnant, estimé à près de 60 000 milliards de FCFA, environ 104,5 milliards USD, en 2020 par la Banque mondiale, la structure de cette richesse révèle des fragilités structurelles persistantes.

Dans son rapport Changing Wealth of Nations 2024 (CWON), l’institution de Bretton Woods souligne que la richesse du pays a progressé de 35 % entre 1995 et 2020. Toutefois, ce dynamisme apparent masque une réalité plus nuancée : le potentiel économique gabonais reste largement sous-exploité.

Une richesse dominée par la nature

L’analyse de la composition de ce capital est sans appel. Le capital naturel constitue le socle de l’économie gabonaise, représentant 57,3 % du total. Le capital humain suit avec 33,7 %, tandis que le capital financier et entrepreneurial demeure le parent pauvre de l’équation.

Cette hyper-dépendance aux ressources naturelles est flagrante : les rentes, pétrole et forêt, pèsent pour 18,5 % du PIB. Le secteur pétrolier, véritable poumon financier, concentre à lui seul 46 % des recettes fiscales. Cette situation expose dangereusement le pays à la volatilité des marchés internationaux.

L’étroitesse du secteur formel

Le rapport pointe également du doigt l’atrophie du tissu productif. Le Gabon souffre d’un manque criant de grandes entreprises structurées. À ce jour, seule BGFI Holding est cotée à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Le paysage économique est ainsi saturé à 95,7 % par des micro-entreprises, tandis que l’informel règne sur près de 63 % des activités.

Cette configuration limite la capacité de l’État à investir. Comme le note la Banque africaine de développement (BAD), les dépenses de fonctionnement absorbent plus de 110 % des recettes fiscales, ne laissant que peu de marge de manœuvre pour les projets d’infrastructures structurants.

Les leviers de la transformation

Pour sortir de cette dépendance, les institutions internationales recommandent un changement de paradigme. L’enjeu n’est plus seulement d’extraire, mais de transformer. Le développement de chaînes de valeur locales dans le bois et l’agro-industrie est jugé prioritaire.

De nouveaux relais de croissance sont également identifiés notamment l’économie bleue et l’écotourisme (profitant des 800 km de côtes; les crédits carbone, valorisant le couvert forestier de 88 %; la formalisation des entreprises et l’amélioration de la gouvernance.

En somme, si le Gabon est « riche », sa fortune reste encore largement prisonnière de son sol. La transformation durable de ce potentiel en richesse inclusive passera impérativement par une diversification audacieuse et une meilleure captation de la valeur ajoutée sur le territoire national.

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