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Gabon : la défécation à l’air libre pratiquée par plus de 30% de la population

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Malgré les avancées technologiques du XXIe siècle, une réalité archaïque persiste : des millions de personnes n’ont toujours pas accès à des toilettes décentes. Si la pratique de la défécation à l’air libre a nettement reculé à l’échelle globale, la carte mondiale de l’assainissement révèle des fractures géographiques et sociales vertigineuses.

Les contrastes sont saisissants. Selon Geographic Enigma, chaîne dédiée à l’exploration des paysages, des cultures et des phénomènes divers qui façonnent notre planète, alors que l’Europe, l’Amérique du Nord et une grande partie de l’Asie de l’Est ont quasiment éradiqué cette pratique, d’autres régions luttent encore contre ce fléau. En Asie du Sud, des efforts colossaux ont permis des progrès rapides, mais c’est en Afrique subsaharienne que la situation reste la plus préoccupante. 

Dans plusieurs pays de cette zone, l’absence d’infrastructures de base contraint une part importante de la population à se soulager en extérieur, faute d’alternatives.

Le paradoxe gabonais

Au cœur de cette problématique, le cas du Gabon interpelle. Bien que le pays affiche des indicateurs économiques souvent supérieurs à la moyenne régionale grâce à ses ressources naturelles, il figure sur la carte parmi les zones où la pratique reste notable, située dans la tranche des 5 à 10 % selon les données illustrées.

Ce chiffre révèle un décalage entre la richesse globale de la nation et l’investissement réel dans les infrastructures urbaines et rurales. Au Gabon, l’urbanisation rapide, parfois non maîtrisée, et le manque de réseaux d’assainissement collectif dans les zones périphériques maintiennent cette pratique. C’est un rappel brutal que la croissance économique ne garantit pas automatiquement la dignité sanitaire pour tous.

Un enjeu de dignité et de santé

L’accès à des sanitaires n’est pas un simple confort ; c’est un pilier de la santé publique. La défécation à l’air libre favorise la propagation de maladies hydriques et handicape le développement éducatif. Au-delà des risques sanitaires, c’est une question de dignité humaine et de sécurité, particulièrement pour les femmes et les enfants.

Le défi reste immense. Pour que les progrès réels observés ailleurs deviennent universels, une volonté politique accrue et des investissements massifs sont indispensables pour transformer ces « zones rouges » en territoires de dignité.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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