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Gabon : 73 % des entreprises industrielles pilotées par des expatriés

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L’Enquête nationale de collecte des données industrielles, présentée récemment au vice-président Hermann Immongault, a agi comme un électrochoc. Si le recensement de 190 unités industrielles permet enfin de cartographier le secteur, un chiffre cristallise toutes les inquiétudes : 73 % des entreprises industrielles du pays sont pilotées par des expatriés. Une statistique qui pose avec acuité la question de la souveraineté économique du Gabon.

Sur les 188 structures passées au crible par les enquêteurs, le déséquilibre est flagrant : 137 sont dirigées par des expatriés, ne laissant que 51 postes de direction à des cadres nationaux. Cette domination managériale signifie que près des trois quarts des décisions stratégiques, investissements, choix technologiques ou gestion des ressources humaines, sont orchestrées par des profils extérieurs.

Cette situation crée une dépendance structurelle. Lorsque le « cerveau » de l’industrie est majoritairement étranger, le pays s’expose à une fuite des expertises et à une faible capitalisation du savoir-faire local. La souveraineté ne se limite pas à la possession du sol ou des ressources ; elle réside dans la capacité d’un peuple à administrer son propre appareil productif.

Une fragilité administrative et territoriale

Cette mainmise étrangère s’inscrit dans un contexte de fragilité institutionnelle. L’enquête révèle que de nombreuses entreprises opèrent sans agrément technique industriel, illustrant un déficit de contrôle de l’État sur ces opérateurs.

De plus, cette concentration du pouvoir décisionnel s’accompagne d’une hyper-concentration géographique. L’Estuaire monopolise 66,8 % des unités soit 127 unités, accentuant la fracture avec l’intérieur du pays où le tissu industriel est quasi inexistant, comme dans la Nyanga ou l’Ogooué-Lolo soit 1,6 % du parc chacune.

Vers une « gabonisation » des compétences

Pour Lubin Ntoutoume, ministre de l’Industrie, ces chiffres doivent servir de levier pour une rupture. L’enjeu n’est pas de rejeter l’investissement direct étranger, indispensable au développement, mais de rééquilibrer la balance.

La reconquête de la souveraineté passera par des politiques de « transformation locale » plus agressives, incluant entre autres le renforcement de l’implication des nationaux dans la gestion des actifs; une régularisation stricte via les agréments techniques et une décentralisation industrielle pour rompre l’isolement des provinces. En somme, le Gabon doit passer d’une économie d’accueil à une économie de pilotage, où le chiffre de 73 % ne sera plus le symbole d’une dépendance, mais le souvenir d’un défi surmonté.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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Un commentaire

  1. Ce pays est admirablement atypique, si bien qu’étant le serviteur assermenté d’une attitude dominante et où l’imitation seduirait toujours des regards… Donc oui, ayant longtemps opté de demeurer un pays de consommation, notre pays aurait décidé d’être toujours le leader politique dissident ! Et pour marquer sa signature, le peuple serait laissé à l’abandon pour des promesses électorales réitérées. Et d’ailleurs, faudrait-il toujours s’assurer de plier les siens pour communier autrement… Aujourd’hui, plus d’emplois disponibles mais l’on obligerait un caneva pour des formations encore et toujours dispendieuses, sans résultats réels puisque désormais voués à l’abandon ! Et pour couronner le tout, tout serait interdit : interdit de critiquer, interdit de se plaindre, interdit de revendiquer ses droits !
    Et comme tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute, voici la parole divertir le peuple en le manipulant : employabilité, entrepeunariat…
    Pendant ce temps, le communautarisme s’intensifie sous les ombres d’autrui. Et le terrain est conquis ! Le gabonais désormais salarié politique, l’étranger, l’employeur décideur subventionné !
    Et la roue tourne sur des sentiers glissants où enquêtes et stigmatisations s’affolent. Donc oui, les secteurs sont désormais verrouillés pour des mendicité de marché !
    En route pour un réveil tardif, reprendre la main ne serait nullement une part facile pour l’État alors que plusieurs cadres assermentés vivraient bien de ces prestations étrangères, sous les rideaux de multiples défiscalisations voir arrangements !

    Courage à tous, sans stigmatisations, mais en gardant toujours à l’esprit que la fuite des capitaux avoisinerait certainement ce même pourcentage et peut-être plus !
    Il ne reste plus que nous les makayas a fuite ce pays, mais pour aller où ?
    Nous sommes dans la bouteille et c’est pourquoi  » le Gabon se porte bien  »

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