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Capellogate : Orphé Mikala, le coach présumé « pédophile » libéré en catimini !

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5 ans après le séisme provoqué par les révélations de Romain Molina dans les colonnes du Guardian, le dossier de pédocriminalité dans le football gabonais prend une tournure aussi inattendue qu’inquiétante. Alors que le monde sportif attendait un verdict exemplaire, la réapparition d’Orphé Mikala sur les terrains de 3ème division sème l’émoi et l’incompréhension.

C’est une image que beaucoup espéraient ne plus jamais revoir. Orphé Mikala, l’un des piliers du scandale de pédocriminalité dit « Capellogate », a été aperçu libre de ses mouvements aux abords du stade Monedan. Accusé de viol sur mineurs et d’atteinte aux mœurs, celui qui avait été placé sous mandat de dépôt aux côtés de Patrick Assoumou Eyi (Capello) semble avoir bénéficié d’une remise en liberté pour le moins opaque.

Une liberté qui pose question

Comment un homme, dont les charges semblaient accablantes et la dangerosité soulignée par des enquêtes internationales, peut-il se retrouver à nouveau en liberté ? Aucun communiqué officiel n’est venu justifier cet élargissement de détention préventive. A-t-il été jugé ? Acquitté ? Ou s’agit-il d’une libération provisoire tombée dans les méandres d’une procédure qui s’essouffle ? C’est le calme plat.

Plus grave encore, les informations rapportées par Romain Molina font état d’un retour aux affaires dans un club de football. Le fait qu’un homme indexé par la FIFA et poursuivi pour des faits de prédation sexuelle puisse à nouveau occuper des fonctions d’éducateur sportif en troisième division est un signal dévastateur pour les victimes. 

Le silence des autorités fait peur !

Cette libération « en catimini » soulève des interrogations politiques et institutionnelles de premier plan. Les observateurs du sport roi au Gabon, qui avaient été impliqués dans la dénonciation, notent avec amertume que ce mouvement coïncide avec des périodes de transitions ministérielles, jetant le doute sur la volonté réelle de la justice d’aller au bout de ce dossier. La Fegafoot ou Paul Ulrich Kessany, nouveau ministre des Sports, sont-ils informés ?

Le silence sur la reprise de service de l’ancien banni du football est étrange. Une chose est sûre, en laissant un suspect de cette envergure réintégrer le milieu du football, le message envoyé à la jeunesse est dangereux. « Force doit rester à la loi », déclarait jadis le Procureur André Patrick Roponat, qui avait bien mené la procédure. Aujourd’hui, force semble rester à l’oubli. Le Capellogate ne peut se refermer sur un simple fait divers. À ce niveau il est indispensable de se demander si Capello est lui-même encore en détention ! 

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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