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Sécurité alimentaire mondiale : l’urgence d’innover face à l’engrenage des crises

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En cette Journée mondiale de l’Alimentation, le verdict de la réalité internationale s’avère cinglant. Entre l’embrasement de conflits majeurs, notamment au Moyen-Orient et au Soudan, les entraves répétées au transport maritime et l’impact délétère du dérèglement climatique, la faim regagne du terrain. Selon le rapport 2026 des Nations Unies, plus de deux milliards d’individus, soit près de 26 % de la population globale, manquent d’un accès régulier à une nourriture suffisante. L’Afrique paie le tribut le plus lourd, comptant 20 % de sa population en état de sous-alimentation. Au total, le Programme alimentaire mondial (PAM) recense 266 millions d’âmes plongées dans une urgence nutritionnelle aiguë.

Face à ce tableau sombre, le mot d’ordre retenu cette année, « Innover aujourd’hui pour assurer la sécurité alimentaire de demain », ne relève pas d’une simple formule rhétorique. Pour faire face aux dérèglements, le monde agricole doit opérer sa mue technologique. L’essor de l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un levier décisif. En analysant les données météorologiques complexes et en anticipant les soubresauts de phénomènes destructeurs comme El Niño, l’IA offre aux producteurs la capacité d’ajuster leurs semailles et d’opter pour des cultures résilientes.

Cette maîtrise technologique transforme également la gestion des urgences humanitaires. En modélisant les besoins des populations en temps réel, les organismes d’aide optimisent leurs chaînes d’approvisionnement et ciblent précisément les zones vulnérables. Comme le souligne Jean-Martin Bauer, directeur au sein du PAM, la capacité à suivre l’évolution de la faim en direct dépend désormais d’investissements soutenu dans ces plateformes de données.

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Transformation locale et souveraineté : les clés de l’avenir

Parallèlement aux outils numériques, la résilience passe impérativement par le renforcement des circuits courts et la valorisation des ressources locales. L’industrialisation de la transformation sur place offre une réponse concrète aux ruptures d’importation. La réussite récente de l’utilisation de la farine de manioc pour la panification au Congo, inspirée de techniques asiatiques, illustre parfaitement ce potentiel. Cette diversification réduit la dépendance au blé importé tout en garantissant des débouchés financiers stables aux agriculteurs régionaux.

Pour pérenniser ces avancées, l’appui technique aux exploitants doit s’accompagner du développement massif des cultures de contre-saison, via des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte performants. Toutefois, si la technologie et la transformation locale dessinent les contours d’une souveraineté alimentaire retrouvée, aucun progrès durable ne pourra s’imposer sans une condition préalable fondamentale : le retour de la paix et l’arrêt des conflits qui condamnent encore des millions de familles à l’injustice de la faim.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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