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Port-Gentil : le gouvernement à l’écoute d’un secteur agricole entre potentiel et contraintes

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En mission dans l’Ogooué-Maritime, le ministre de l’Agriculture Pacôme Kossy a multiplié les visites de terrain et les échanges avec les producteurs. Objectif : diagnostiquer les blocages structurels et accélérer la transformation du secteur agricole, conformément à la vision de souveraineté alimentaire portée par Brice Clotaire Oligui Nguema.

Dans une province souvent identifiée comme un pôle pétrolier, la question agricole refait surface avec acuité. À Port-Gentil et ses environs, la mission gouvernementale a permis de mettre en lumière un paradoxe : celui d’un secteur riche en initiatives locales, mais encore freiné par des contraintes persistantes.

Au cœur de cette immersion, plusieurs sites stratégiques ont été visités, notamment la ferme BLÉVIFARM de M. Diop Alioune, l’entreprise AGRITROPPIC à Ntchengué, ainsi que les installations d’IGAD et de FAVOM. Autant d’unités de production qui témoignent d’un dynamisme réel.

Un potentiel agricole réel, mais encore sous-exploité

Au fil des échanges avec les exploitants, un constat s’est imposé : le secteur agricole local dispose d’un potentiel significatif, porté par des initiatives privées et coopératives engagées.

Cependant, ce potentiel reste entravé par des difficultés structurelles. L’accès aux intrants, aux équipements modernes, au financement et à l’encadrement technique constitue un frein majeur à l’augmentation de la production. Les producteurs rencontrés ont exprimé des attentes claires : bénéficier d’un accompagnement structuré et durable pour passer à une échelle supérieure.

Des services déconcentrés en quête de moyens

La mission s’est également poursuivie à la Direction provinciale de l’Agriculture de l’Ogooué-Maritime. Là encore, les défis sont nombreux. Les agents ont évoqué un manque de ressources humaines, des moyens techniques insuffisants et des capacités opérationnelles limitées. La directrice provinciale a insisté sur la nécessité de renforcer les effectifs et les outils d’intervention pour garantir un accompagnement efficace des producteurs sur le terrain.

Face à ces réalités, le ministre Pacôme Kossy a adopté une posture d’écoute active. « Nous sommes venus voir, écouter et comprendre », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une approche basée sur la concertation. Il a reconnu l’existence d’un « potentiel réel » et appelé à « travailler ensemble pour lever les contraintes, structurer les filières et accompagner les producteurs ».

Souveraineté alimentaire : un impératif stratégique

Au-delà du diagnostic, cette mission s’inscrit dans une vision plus large : celle de la souveraineté alimentaire. Pour le gouvernement, il s’agit de réduire la dépendance du pays aux importations en renforçant la production locale. « L’objectif est clair : produire davantage localement, réduire notre dépendance et bâtir un secteur agricole fort », a insisté le ministre.

Cette immersion met en lumière une réalité bien connue : la transformation agricole ne dépend pas uniquement des intentions politiques, mais surtout de leur traduction opérationnelle. Si la volonté affichée est réelle, le défi reste celui de la mise en œuvre. Car sans financement adapté, sans encadrement technique et sans structuration des filières, le potentiel identifié risque de rester inexploité.

À Port-Gentil, cette mission aura au moins permis de poser les bases d’un dialogue direct entre l’État et les acteurs de terrain. Reste désormais à transformer cette écoute en actions concrètes.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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