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Nominations au Parlement : des pdégistes tapis dans l’ombre à la Présidence accusés de tripatouillage

Trois jours seulement après la mise en place du parlement de transition, une polémique enfle au sujet des contours ayant donné lieu au choix des personnalités retenues. La société civile, qui a tenu une conférence de presse ce 09 octobre 2023, a dénoncé, non sans manquer de pointer la responsabilité de certaines formations politiques, l’opacité dans laquelle le document définitif a été validé au niveau de la présidence de la République.  

C’est sans doute une polémique dont le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) se serait bien passé. Si le président de la transition, le Général de Brigade Brice Oligui Nguema avait fait droit à la proposition de Paulette Missambo et Jean François Ndongou d’augmenter le nombre de parlementaires, la société civile, à la base méfiante d’une telle initiative, estime que cela s’est fait au détriment de ses intérêts.

Une modification opportuniste de la disposition portant sur le nombre de députés de la société civile  

Si les bureaux des deux chambres du Parlement de transition ont bien tenu une plénière la semaine dernière au cours de laquelle ils ont acté l’augmentation du nombre de députés issus des partis politiques, les acteurs de la société civile présents aux débats ne se reconnaissent pas dans les conclusions finales portées à leur connaissance. En effet, à en croire ces derniers, il n’était pas question lors des débats de toucher aux dispositions relatives au nombre de représentants de la société civile. Or, disent-ils, « dans la liste définitive, nous constatons une manipulation de la Charte au niveau de la composition des membres de la société civile  ».

D’après eux, la disposition de la Charte qui faisait uniquement référence à 25 membres de la société civile, aurait été remplacée par la mention « 25 cadres et société civile ». Poursuivant leurs développements, les représentants de la société civile indiquent que « le rajout en violation de la Charte, du mot cadre, a permis aux auteurs de cette manipulation éhontée, d’intégrer 10 cadres du PDG, en remplacement de plus de 15 acteurs reconnus de la société civile ». En effet, ils se disent surpris de compter désormais dans leurs rangs des personnalités telles que Abieri Willy Bertrand, d’après eux pdgiste, Aromezogho François August, cadre du PDG, Adiahenot Flavienne, cadre de l’Union nationale. Ainsi, sur les 25 sièges qui leurs sont dévolus par la Charte, seulement 8 seraient effectivement occupés par des acteurs de la société civile. 

Le PDG et l’Union nationale au cœur des manipulations opérées dans le circuit de validation des noms ? 

Après que les membres des bureaux des deux chambres ont acté le passage du nombre de députés de 70 à 98 et les sénateurs de 50 à 70, le document aurait ensuite été transmis à la présidence de la République, où des arbitrages ont été opérés. Dans cette manœuvre, les noms du PDG et de l’Union nationale sont nommément cités. D’après certaines indiscrétions, certains membres de ces deux formations politiques auraient en effet été à la manœuvre dans le circuit de validation des noms, de quoi jeter le discrédit sur l’ensemble du processus.


Si la société civile se dit toujours déterminée à poursuivre sa participation au processus de transition, elle interpelle toutefois le président de la transition, sur la nécessité de diligenter une enquête afin que selon elle, « les manipulations opérées dans le circuit de validation soient démasquées ». Au-delà des soupçons de manipulation qui pèsent sur le circuit de nomination, un recours a été porté devant la Cour constitutionnelle, aux fins d’annulation de la Charte révisée.

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