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Lambaréné : grève illimitée à l’Hôpital Albert Schweitzer, les soignants réclament quatre mois de salaires

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Depuis mercredi, le personnel de l’Hôpital Albert Schweitzer (HAS) de Lambaréné a déclenché une grève illimitée pour exiger le paiement de quatre mois d’arriérés de salaires. Une situation jugée critique par les agents, sur fond de tensions financières liées aux retards de la CNAMGS, selon l’Agence gabonaise de presse (AGP).

À Lambaréné, la crise sociale s’installe au cœur du principal établissement de santé de la province du Moyen-Ogooué. D’après l’AGP, « le personnel de l’Hôpital Albert Schweitzer a entamé […] une grève illimitée pour exiger le paiement intégral de quatre mois d’arriérés de salaires ainsi qu’une amélioration de ses conditions de vie et de travail ».

Quatre mois d’arriérés au cœur de la mobilisation

Le mouvement fait suite à l’expiration d’un préavis de grève de dix jours resté sans réponse satisfaisante. Sur place, les agents ont clairement affiché leurs revendications : « le paiement intégral de quatre mois d’arriérés de salaires, à savoir décembre 2025, janvier, février et mars 2026 ».

Au-delà des salaires impayés, les travailleurs dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles, dans un contexte de pression accrue sur les services de santé.

Des soignants à bout face à une situation sociale critique

L’émotion est palpable parmi les grévistes. « Nous observons cette grève pour faire savoir au gouvernement que la situation est difficile […] Comment pouvons-nous nous occuper des malades dans ces conditions ? », a confié un infirmier, relayé par l’AGP.

Pour Lionel Lassy, président intérimaire de la Force ouvrière indépendante (FOI), la situation est « préoccupante » et nécessite une implication urgente des plus hautes autorités.

Des négociations enlisées et un service minimum maintenu

Selon les représentants du personnel, plusieurs cycles de négociations avec la direction n’ont pas permis de trouver une issue. « Plusieurs négociations […] n’ont pas abouti », a rappelé Evrard Moutembi, tout en précisant que le service minimum est maintenu pour assurer la continuité des soins.

Face à l’urgence, les syndicats, dont la Confédération syndicale gabonaise (COSYGA) et la FOI, ont engagé des discussions avec l’administration, qui a promis de se prononcer prochainement.

Une crise révélatrice des fragilités du financement hospitalier

Au-delà du conflit social, cette situation met en lumière les difficultés structurelles de financement de l’établissement. L’Hôpital Albert Schweitzer dépend en grande partie de ses ressources propres issues de la CNAMGS et des subventions de l’État.

Or, des sources évoquent près de « 800 millions de francs CFA non versés par la CNAMGS », fragilisant la trésorerie de l’hôpital. Une dépendance financière qui expose les structures sanitaires à des tensions récurrentes.

Dans un contexte où l’accès aux soins constitue un enjeu majeur, cette grève relance le débat sur la soutenabilité du modèle de financement du système de santé gabonais. Pour les patients comme pour les soignants, l’urgence est désormais d’aboutir à une solution durable.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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