Lambaréné : commémoration de la mémoire de Rose Francine Rogombé, une figure de droiture
Onze ans après sa disparition, l’aura de Rose Francine Rogombé demeure intacte. Le samedi 11 avril 2026, Lambaréné, capitale provinciale du Moyen-Ogooué a vibré au rythme d’une cérémonie commémorative poignante en mémoire de l’ancienne Présidente de la République par intérim et de son époux, Jacques Rogombé.
L’événement, organisé à l’initiative de la famille, a débuté à l’Hôtel de Ville de Lambaréné. Devant un parterre de personnalités éminentes, parmi lesquelles le Médiateur de la République Alexis Boutamba Mbina, l’ancien premier ministre Julien Nkoghe Bekale, l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo, l’ancienne présidente du Sénat Lucie Milebou ou encore l’ancien ministre Richard-Auguste Onouviet, les hommages se sont succédés pour saluer le parcours exceptionnel de celle qui fut une pionnière.
Une vie au service de l’intérêt supérieur
Née en 1942 à Lambaréné, Rose Francine Rogombé a tracé un chemin guidé par « le devoir, la foi et l’exigence morale ». Première femme magistrate, l’illustre disparue était doté d’une rigueur unanimement reconnue, elle a gravi tous les échelons de l’ordre judiciaire : de substitut du procureur en 1967 à conseillère à la Cour Suprême. Elle a ensuite occupé la fonction prestigieuse de présidente du Sénat avant d’endosser la fonction de Présidente de la République par Intérim.

Quentin-Christian Rogombé, porte-parole de la famille, a rappelé avec émotion que le temps n’a en rien altéré la force de son exemple. « Onze années, un temps qui a apaisé la peine sans jamais altérer la vivacité de la mémoire, ni la grandeur de son œuvre. », a-t-il indiqué.
Jacques et Rose-Francine : Un destin lié
La cérémonie a également mis en lumière la figure de Jacques Rogombé. Si l’on dit souvent que derrière chaque grand homme se cache une femme, les témoignages ont ici inversé le dicton, soulignant qu’un « grand homme » s’est toujours tenu avec discrétion et soutien indéfectible derrière cette dame d’État.
Après la séquence politique, l’hommage s’est poursuivi sur une note spirituelle à l’église Saint-François-Xavier, suivi de la bénédiction du caveau familial. Au-delà du protocole, cette journée a servi de trait d’union entre les générations, transmettant aux plus jeunes les valeurs de probité et de patriotisme.
Rose Francine Rogombé laisse au Gabon une page d’histoire écrite avec dignité. Comme le souligne son héritage, elle reste cette femme d’État qui, dans les moments les plus sensibles, sut placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute considération.









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