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Gabon : après CECA GADIS, le CTRI va-t-il s’attaquer à Delta Synergie des Bongo ?

L’entrée de l’Etat au capital de la Compagnie d’exploitation commerciale africaine de distribution (CECA-GADIS) concrétiser le  31 janvier 2024 laisse entrevoir une volonté des plus hautes autorités en tête desquelles le président de la Transition, le Général Brice Oligui Nguema de mettre un terme au système de prise de participations indûment acquises par des compatriotes. Une opération qui pour de nombreux observateurs ne devrait épargner pas la pieuvre Delta Synergie créée semble-t-il par feu le président Omar Bongo Ondimba et dont les participations au sein de plusieurs entreprises suscite des questionnements.

C’est un véritable coup de pied dans la fourmilière que vient de donner le président de la Transition à travers le lancement de l’opération visant à enquêter sur les cas de spoliation de l’Etat orchestrée par certains compatriotes et autres personnes morales. Dans cette optique, le ministre de la Justice Paul Marie Gondjout s’est d’ailleurs montré ferme quant aux instructions du chef de l’Etat.

Selon le membre du gouvernement, il est question de « regarder dans toutes les sociétés de la place, où les choses se passent mal, dans le sens où il y a des citoyens qui ont, de manière indue, acquis des parts dans certaines sociétés et à terme récupérer ces parts pour les mettre au service des citoyens  ». Une prise de position qui ne manque pas de susciter de l’espoir auprès des populations qui espèrent voir cette opération aller jusqu’au bout et même au-delà en s’attaquant à la très mystérieuse holding Delta synergie dont les principaux responsables seraient des membres de la famille Bongo.

La pieuvre Delta Synergie au cœur de l’économie nationale

Une espérance d’autant plus compréhensible au vu du caractère omniprésent de cette entreprise dans les strates de l’économie nationale avec pour corollaire la captation d’une grande partie des richesses du pays. Selon le rapport de mission daté du 15 avril 2012 élaboré par le cabinet d’avocat Fénéon & Delabrière Associés, la société Delta Synergie posséderait des participations dans plusieurs secteurs, notamment les banques et assurances, le secteur industriel, le secteur des mines et du pétrole, de l’agroalimentaire des services ou même de l’aviation soit environ une cinquantaine d’entreprises. 

À titre d’exemple, on peut citer entre autres ses participations de l’ordre de 5,2% dans l’Union gabonaise de banque (UGB), 60,69% à OGAR, 50% au sein de SOCOBA EDTPL, 15% à la Compagnie du Komo (CDK), 5% dans le projet Maboumine, 17% à Petro Gabon ou encore 30% au sein Gabon Mining logistics d’après ce document datant de 2012. Autant d’éléments qui, selon l’analyste économique et actuel ministre de l’Economie Mays Mouissi laisse « naître un soupçon de conflit d’intérêts permanent doublé de prises illégales d’intérêts ». Toute chose qui devrait dès lors interpeller le Comité pour la transition et la restauration des institutions afin que la lumière soit faite sur les conditions de ces prises de participation par la famille Bongo.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019.Rédacteur en chef

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Un commentaire

  1. IL N’AI PLUS POSSIBLE APRES TEMPS D’ANNEES QUE CETTE FAMILLE OPERE DE CETTE MANIERE.
    CET ACCAPAREMENT DES PARTS DANS PLUSIEURS SOCIETES DU GABON EST TOTALEMENT INJUSTE ET ANTIPATRIOTIQUE.
    JE SUIS UN CITOYEN GABONAIS QUI A SOUFFERT DE CE TYPE DE MAUX DANS NOTRE PAYS ET IL EST PLUS TEMPS QUE LE CTRI METTE FIN A CES PRATIQUES.

    L’HEURE DU CHANGEMENT A SONNE, TROP C’EST TROP!!

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