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Biodiversité : présentation de l’étude sur le lien de causalité entre la certification FSC et la préservation de la faune

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Un peu moins de 3 mois après sa parution dans la Revue Nature, l’étude des forêts certifiées FSC et leur impact sur la faune qui a eu pour terrain d’expérimentation les forêts du Bassin du Congo, dont celles du Gabon, a officiellement été présentée le 28 juin à Libreville par son promoteur, Joeri Swerts de l’Université d’Utrecht au Pays-Bas. Lequel a bénéficié du soutien du Fonds mondial pour la nature (WWF), et de la Wildlife conservation society (WCS).

C’est une étude qui s’est concentrée sur des espaces forestiers de la République du Congo et du Gabon, qui s’est étalée sur plus de 5 ans, et qui a mobilisé plus de 263 personnes recrutées localement. Cette étude se distingue de tout ce qui a déjà pu être fait à ce jour par le fait qu’il s’agit de la première étude à comparer autant de zones forestières différentes en même temps. 

Une étude qui conforte le leadership du Gabon en matière de gestion durable des forêts 

Alors que les forêts tropicales sont réputées pour leur capacité à réguler le climat, à fournir eau, nourriture et médicaments, et connues pour abriter plus de 62% de toutes les espèces de vertébrés, le tout sur une surface relativement restreinte, les activités économiques tendent à bouleverser cet équilibre puisque les concessions forestières sont évaluées à plus de 400 millions d’hectares, soit deux fois la superficie du Mexique. Un chiffre inquiétant d’autant plus que l’exploitation forestière engendre un bouleversement de la vie faunique, du fait des routes, mais surtout de la chasse, dont l’étude du professeur et biologiste de la Faune Joeri Swerts établit clairement un lien entre cette dernière et la perte de la biodiversité. 

Ainsi, grâce aux 474 caméras pièges installées à la fois dans les forêts certifiées Forest Stewardship council international (FSC), et celles qui ne font l’objet d’aucune réglementation, aux 1,3 million d’images capturées, et au plus de 55 espèces de mammifères observés, les experts en sont arrivés à un certain nombre de conclusions, tendant à établir un lien entre la certification FSC et la préservation de la biodiversité. En effet, selon le professeur Joeri Swerts, les forêts labellisées FSC favorisent une plus grande régulation de la chasse et une coupe sélective des essences, protègent des habitats vulnérables, offrent une éducation environnementale, et font l’objet d’audits indépendants. Il faut dire que les principes du FSC consistent à favoriser une gestion durable des forêts, tout en s’assurant que cela ne se fasse pas au détriment des communautés locales.


Le Gabon, qui s’est depuis un certain nombre d’années résolument engagé dans une gestion durable de ses forêts avec des résultats plus que positifs en matière de captation du carbone, se bat aujourd’hui sur la scène internationale pour une meilleure reconnaissance de ses efforts. Avec cette étude indépendante, les pouvoirs publics disposent d’un outil supplémentaire pour crédibiliser la signature environnementale du pays, et d’un moyen de pression efficace dans cette quête de compensation carbone. Rappelons que la certification FSC garantit une meilleure traçabilité des produits tirés des forêts, et deviennent de plus en plus une norme indispensable dans les échanges économiques avec certains États aux normes environnementales strictes, à l’instar des pays de l’Union européenne.

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