Dans un environnement économique international marqué par l’incertitude et les tensions géopolitiques, la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) affiche une résilience notable. Selon les dernières prévisions de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), le taux d’inflation dans la sous-région devrait s’établir à 2,3 % pour l’année 2026.
Bien qu’en légère progression par rapport aux 2,1 % enregistrés en 2025, ce chiffre demeure largement en deçà du plafond communautaire de 3 %. Ce maintien sous le seuil de vigilance témoigne de l’efficacité des mécanismes de régulation mis en place pour protéger le pouvoir d’achat des ménages.
Cette performance repose sur trois piliers stratégiques notamment une meilleure rigueur monétaire avec le maintien par la BEAC d’une politique stricte pour stabiliser le cadre macroéconomique, le renforcement des réserves de change couvrant désormais 4,52 mois d’importations, contre 4,22 mois l’année précédente.
Il est également à noter que malgré une flambée du prix du baril de pétrole de +40 % depuis le début de l’année, les pays de la zone parviennent à contenir les soubresauts du marché mondial.
Le paradoxe pétrolier : un équilibre fragile
Toutefois, cette accalmie apparente cache des défis structurels. Si l’envolée des cours du brut profite aux budgets des pays producteurs (Gabon, Congo, Cameroun, Tchad, Guinée Équatoriale), elle crée un effet boomerang. Le coût d’importation des produits pétroliers raffinés explose, pesant lourdement sur la trésorerie des États. « Le risque majeur réside dans la pression sur les finances publiques », préviennent les experts.
Un épuisement des liquidités étatiques pourrait entraîner des retards de paiement vers le secteur privé, risquant ainsi de gripper la machine économique locale. En 2026, le mot d’ordre pour les autorités de la zone CEMAC est clair : la vigilance. L’enjeu sera de naviguer avec agilité entre la préservation de la stabilité des prix et le soutien nécessaire à la croissance nationale.









GMT TV