Grand Libreville : un présumé voleur lynché à mort à Bikélé-Château
Dans la nuit du 20 février 2026, un jeune homme soupçonné de cambriolage a été lynché par des riverains à Bikélé-Château, dans le Grand Libreville. Selon des témoignages relayés par TV+ Afrique sur son site internet, ce drame révèle la montée d’un sentiment d’abandon et la saturation des commissariats dans plusieurs quartiers populaires.
Le quartier de Bikélé-Château, situé après Château, a été le théâtre d’un épisode tragique. D’après les propos recueillis par TV+ Afrique, un jeune homme aurait été aperçu dans une concession au cours de la nuit. « On vit l’insécurité dans notre quartier (…) on a aperçu un jeune homme dans cette maison (…) quand le gardien a crié “au voleur”, tout le monde est sorti », confie un habitant cité par le média.
Le suspect aurait été appréhendé par des riverains excédés par une série de cambriolages récents. « Ce n’est pas la première fois (…) cela ne fait pas un mois que ma tante a été cambriolée », poursuit le témoignage. L’intervention populaire a dégénéré et le jeune homme est décédé dans des circonstances encore à éclaircir.
Commissariats saturés et sentiment d’abandon
Selon TV+ Afrique, des habitants affirment avoir tenté, par le passé, de conduire des suspects interpellés vers différents commissariats. « Ils sont partis au commissariat de Bikélé-Nzong, c’était fermé (…) au PK14, fermé (…) au PK9, on leur a fait comprendre qu’on ne peut plus recevoir des gens. Les cellules sont pleines », rapporte un riverain.
La Police judiciaire (PJ) est intervenue le 23 février au matin pour recueillir des témoignages. « La PJ était là (…) ils ont pris d’autres jeunes pour les amener témoigner », indique un habitant. Le corps du présumé voleur aurait été retrouvé le lendemain.
Entre colère et appel à l’État
La colère est vive dans le quartier. « On vit dans l’insécurité. On est abandonnés à nous-mêmes », déclare une habitante, appelant directement le président de la République à intervenir. D’autres voix prônent toutefois la retenue : « Attraper la personne et laisser la justice faire son travail », plaide un résident cité par TV+ Afrique.
Ce drame pose avec acuité la question de la sécurité urbaine, de la capacité d’accueil des commissariats et du recours à la justice populaire. À Bikélé comme dans d’autres quartiers du Grand Libreville, l’exaspération face aux cambriolages ne peut justifier la violence, mais elle interpelle sur l’urgence d’une réponse institutionnelle structurée et visible.








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