Fonction publique : saturée pour les civils, disponible pour les militaires ?
Depuis son arrivée au pouvoir, le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema défend un discours de vérité économique qui établit que l’État ne peut plus être l’unique employeur du pays. Lors de ses multiples interventions face à la jeunesse, le Chef de l’État a martelé que la fonction publique est saturée. Si le salut des jeunes Gabonais réside désormais dans le secteur privé, une tendance tend à altérer cette position.
S’il est vrai qu’après les belles promesses de restauration lors de la transition, le réveil économique a été des plus périlleux avec comme conséquence immédiate l’impossibilité de faire des recrutements tous azimuts. Pourtant, un contraste flagrant nous interpelle tous. C’est le fait qu’alors que les portes de l’administration civile semblent se refermer, celles des casernes et des commissariats s’ouvrent à l’excès. Le diagnostic présidentiel ne tient-il plus sur une réalité budgétaire et l’alourdissement de la masse salariale ?
Un deux poids, deux mesures à la Fonction publique ?
Dans son invitation à changer de paradigme, le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema s’est d’ailleurs engagé à travailler à aménager un écosystème entrepreneurial. Finies les attentes interminables pour un matricule d’agent public, l’heure est donc à la création de richesse autonome. Cependant, la mise en pratique de cette politique de rigueur semble marquer le pas devant les institutions de défense et de sécurité.
Pour preuve, depuis fin 2023, les concours d’entrée dans la Garde Républicaine, la Gendarmerie, la Police et les Forces Armées Gabonaises (FAG) s’enchaînent. Dernièrement c’est Adrien Nguema Mba, ministre de l’intérieur, qui a annoncé un futur recrutement. Or, ces recrues ne sont pas des travailleurs indépendants mais bien des agents publics. Leurs soldes, leurs primes et leurs retraites sont intégralement supportées par le budget de l’État.
On en vient à se demander comment la fonction publique peut-elle être « saturée » pour les demandeurs civils et capable d’absorber des contingents massifs de militaires ? Si la sécurisation du territoire est une priorité, il n’en demeure pas moins que cette gestion déséquilibrée pose problème. Pour le citoyen lambda, le sentiment est ambigu. On encourage le civil à prendre des risques dans le privé tandis que le port de l’uniforme reste la seule voie garantie vers la stabilité financière et le matricule tant convoité.









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