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Mouila : La rentrée scolaire plombée par une sévère pénurie d’enseignants

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La rentrée scolaire 2026-2027 prend une tournure inquiétante à Mouila. Dans le chef-lieu de la province de la Ngounié, au sud du Gabon, plusieurs établissements secondaires font face à une crise d’effectifs pédagogiques sans précédent. Les matières scientifiques sont particulièrement frappées, laissant des centaines d’élèves sans cours réguliers.

Au lycée public Jean-Jacques Boucavel, implanté dans le 2ᵉ arrondissement depuis 1996, le constat est alarmant. Pour encadrer 2 730 élèves répartis en 54 classes pédagogiques, l’établissement ne dispose que de 67 enseignants. « Le déficit s’établit à 40 enseignants, notamment en allemand, en anglais, en EPS et en histoire-géographie », détaille le proviseur, Maurice Mayombo à l’Agence gabonaise de presse (AGP). Le manque s’avère encore plus critique en sciences : à peine neuf professeurs de mathématiques, deux de sciences physiques et sept de SVT couvrent l’ensemble des besoins.

La situation s’avère tout aussi délicate au lycée Albert Martin, le plus ancien de la ville. Faute de personnel, les arbitrages sont drastiques : seuls les élèves de 6ᵉ et les classes d’examen bénéficient d’un emploi du temps complet. Résultat ? En classe de 5ᵉ, aucun cours de mathématiques ni de physique n’est assuré, tandis que la moitié des 4ᵉ subit la même privation.

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Désarroi chez les familles et appel à l’aide

Sur le terrain, la colère et l’angoisse grandissent. « Comment ferons-nous l’année prochaine sans bases en maths et en physique ? », s’inquiète M. Nzaou, élève de 5ᵉ à Albert Martin. Pour les familles, le choc est aussi financier. Déjà étranglés par l’achat des fournitures, des uniformes et des transports, les parents doivent désormais cotiser auprès de l’APE pour payer des vacataires ou dénicher des répétiteurs privés. « Sans professeurs, ce sont nos enfants qu’on sacrifie. L’État doit prendre ses responsabilités », s’insurge Mme B. J., mère d’un élève de Boucavel.

Face à ce risque manifeste de décrochage, les chefs d’établissement réclament un soutien urgent des autorités compétentes pour préserver la qualité de l’enseignement.

L’Académie dans l’attente des arbitrages ministériels

Du côté des autorités locales, le diagnostic est posé mais les solutions tardent. Ilagou Mboumba, directeur d’académie provinciale de la Ngounié, confirme avoir transmis un état des lieux précis au ministère de l’Éducation nationale. « Nous sommes conscients du déficit, particulièrement en professeurs de sciences. En attendant les affectations des sortants, nos enseignants font du mieux qu’ils peuvent », tente-t-il de rassurer.

Alors que l’année commence à peine, la communauté éducative de Mouila retient son souffle, suspendue aux décisions de Libreville pour éviter une année blanche à toute une génération.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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