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Liban : la Kafala, l’esclavagisme alarmant des femmes africaines

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Le Liban, bien connu des populations gabonaises qui accueillent et côtoient quotidiennement ses ressortissants, est le théâtre d’un phénomène alarmant : l’esclavagisme des femmes africaines en quête d’un avenir meilleur. Depuis la crise économique et sociale qui secoue ce pays, cette forme moderne de traite des êtres humains ne cesse de prendre des proportions inquiétantes, sous le regard indifférent des autorités locales et de la communauté internationale.

Alors qu’elles quittaient leurs pays en quête de meilleures conditions de vie, ces femmes ne s’imaginaient pas le cauchemar qu’elles vivraient au Liban mais se sont retrouvées dans des situations de grande précarité et d’exploitation. Payées en monnaie de singe, harcelées et même battues, les femmes de ménage venues d’Afrique sont traitées comme du bétail par leurs employeurs libanais sans aucune porte de sortie. Entretenant un esclavage moderne en dépit des dénonciations de certains organismes.

Le cauchemar des domestiques noires au Liban

Selon le journal indépendant Afrique XXI la Kafala est un système institutionnalisé et légal de main-d’œuvre à bas prix au Liban depuis les années 1970. Il est organisé par des agences spécialisées et génère plus de 91,5 millions d’euros chaque année. Ce sont 250 000 travailleurs et travailleuses domestiques qui viennent pour beaucoup d’Éthiopie, du Kenya, des Philippines et du Bangladesh d’après des données publiées en 2023. « Les femmes représentent 76 % de l’ensemble de la main-d’œuvre immigrée, venue au Liban pour trouver du travail, et 99 % de l’emploi domestique » peut-on lire dans ce document.

Les témoignages de femmes ayant réussi à échapper à ces conditions sont glaçants. Les domestiques africaines travaillent souvent 7 jours sur 7, jusqu’à 15 heures par jour, sans jour de repos. Elles subissent des violences émotionnelles, physiques et sexuelles. Selon un correspondant de RFI, la situation est particulièrement grave pour les femmes noires, qui sont victimes de discriminations raciales supplémentaires. Leur salaire, généralement autour de 200 dollars par mois, est bien en dessous du minimum vital et ne reflète en rien le travail acharné qu’elles fournissent. Les passeports et autres documents personnels leur sont souvent confisqués dès leur arrivée, les rendant ainsi totalement dépendantes de leurs employeurs et sans moyen de fuite.

Un mutisme choquant 

Malgré les nombreux témoignages et les preuves de mauvais traitements, les autorités libanaises restent largement inactives. Les consuls honoraires, censés protéger les ressortissants étrangers, ferment souvent les yeux sur ces abus. La communauté internationale, bien que consciente de la situation, n’a pas pris de mesures significatives pour mettre fin à cette traite moderne. Les ONG et les associations de défense des droits humains continuent de dénoncer ces abus, mais leurs appels à l’action restent sans réponse.

Il est impératif que des mesures urgentes soient prises pour protéger ces femmes vulnérables. Les pays d’origine doivent également renforcer leurs mécanismes de protection et de sensibilisation pour prévenir ces migrations dangereuses et fournir un soutien aux victimes.

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