Gabon : seuls quatre partis politiques en règle sur 104
À moins de trois mois de l’échéance fatidique du 27 juin prochain, le paysage politique gabonais semble frappé de léthargie. Selon des informations recueillies par l’Agence gabonaise de presse (AGP), l’immense majorité des formations politiques du pays se trouve actuellement hors-la-loi.
Le constat est sans appel : sur les 104 partis officiellement enregistrés au ministère de l’Intérieur, seuls quatre ont, à ce jour, déposé un dossier complet et conforme aux nouvelles exigences législatives. Cette situation place la classe politique nationale devant un mur, alors que la loi n° 016/2025 durcit considérablement les conditions d’existence des groupements politiques.
Les « quatre élus » du ministère de l’Intérieur
D’après les sources de l’AGP, seules les formations suivantes seraient actuellement en règle en l’occurence ’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), formation au pouvoir ; le Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir ; le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) de Barro Chambrier et l’Union pour la république (UPR) de Gervais Oniane.
Ces quatre structures ont réussi à franchir les obstacles de la nouvelle réglementation, qui impose notamment la présentation de statuts actualisés, l’existence d’un siège social physique et d’un compte bancaire dédié.
Des critères de représentativité drastiques
La difficulté majeure pour les cent autres partis réside sans doute dans les nouveaux critères de représentativité. La loi n° 016/2025 exige désormais que chaque formation justifie d’au moins 10 000 adhérents réels. Ces derniers doivent être identifiés par leur Numéro d’identification personnelle (NIP) et répartis de manière équilibrée sur l’ensemble des neuf provinces du Gabon.
Cette disposition vise à mettre fin au phénomène des « partis-mallettes », souvent limités à une province ou à une simple personnalité, mais elle semble, pour l’heure, insurmontable pour la majorité.
L’échéance du 27 juin
Le ministère de l’Intérieur reste ferme : les partis politiques ont jusqu’au 27 juin 2026 pour se conformer, sous peine de perdre leur reconnaissance légale. Entre logistique bancaire, collecte des NIP et implantation provinciale, la course contre la montre est lancée pour éviter une dissolution massive de l’opposition comme de la majorité.









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