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Gabon : quand les 4 CHU de l’Estuaire engloutissent 42% des dépenses de santé du pays

Au Gabon si l’on se base sur le document de cadrage du Plan d’Accélération de la Transformation (PAT), il existe trois niveaux d’infrastructure de santé avec une répartition déséquilibrée sur l’ensemble du territoire. Nichés au sommet de cette hiérarchisation, les 4 Centres Hospitaliers Universitaires que compte la seule province de l’Estuaire, concentrent à eux seuls, 42% des dépenses de santé du pays. 

17ème en matière de développement humain et 23ème en matière de gouvernance santé selon le dernier indice Mo Ibrahim de bonne gouvernance, le Gabon souffre globalement de la faiblesse de ses contrôles des maladies contagieuses, de ses contrôles des maladies non contagieuses, de sa non-conformité avec les Règlements sanitaires internationaux. Trois aspects pour lesquels il se classe respectivement 47ème, 40ème et 38ème à l’échelle du continent. 

Stigmatisé par la pandémie de covid-19 qui a mis à mal son système sanitaire, le pays a surtout vu émerger ses difficultés à redistribuer de manière optimale les ressources allouées à ce secteur. Il faut dire que si on se base sur la hiérarchisation de la structure de l’offre de santé, il ressort que les 4 Centres Hospitaliers Universitaires (Libreville, Angondjé, Owendo et Jeanne Ebori), concentrent 42% des dépenses de santé du pays. 42% qui pour la seule année 2022 par exemple, ont représenté près de 59 milliards de FCFA

Problèmes structurels, absence de commodité, où va l’argent?

Concentrés uniquement dans l’Estuaire, ces CHU, qui malgré leurs budgets colossaux peinent à fournir des services irréprochables à leurs patients à l’image du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) dont le nouveau bâtiment manque de commodités (ascenseur, eau courante etc.) causant bon nombre de difficultés, ou encore du Centre Hospitalier Mère et Enfant qui multiplie les « séquestrations » en plus de surfacturations tant décriées, peinent pourtant à répondre de manière optimale à la forte demande en soins de santé.


Révélatrice des difficultés structurelles et organisationnelles en matière d’allocation budgétaire de l’Etat gabonais, cette discutable redistribution des richesses entre les CHU de l’Estuaire et les autres structures hospitalières, témoigne d’un déséquilibre criant et d’arbitrages budgétaires contestables, d’autant plus qu’en matière de qualité de services, ces structures sont loin d’offrir un visage reluisant. Avec en perspective un budget de plus de 130 milliards de FCFA pour l’exercice 2024, les nouvelles autorités en charge de la santé devront donc changer leur fusil d’épaule en remettant au cœur des débats, ces centres de santé de proximité trop souvent négligés.

Casimir Mapiya

« Mieux vaut une vérité qui fait mal, qu'un mensonge qui réjouit. » Proverbes berbères

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