Gabon : vers une plateforme commune de l’opposition pour peser face au pouvoir ?
Selon L’Union du 25 février 2025, les leaders de plusieurs partis de l’opposition se sont réunis le 23 février à Akanda pour explorer la création d’une plateforme commune. Une initiative présentée comme un tournant stratégique, sur fond de climat politique jugé « préoccupant » par ses initiateurs.
La rencontre, tenue dans la commune d’Akanda, marque un moment singulier dans le paysage politique national. D’après L’Union du 25 février 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze (Ensemble pour le Gabon – EPG), Michel Ongoundou Loundah (RÉAGIR), le Pr Vincent Moulengui Boukosso (CNR), Pierre Mapiga (PDN), entre autres, ont échangé sur les voies et moyens de mutualiser leurs forces. Objectif affiché : constituer une alternative politique crédible face au pouvoir en place.
Une recomposition sous contrainte du contexte social
Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement de la conférence de presse conjointe récemment animée par EPG, RÉAGIR et la CNR autour de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH). Un sujet à forte charge sociale qui semble servir de point de convergence à des formations politiques aux trajectoires pourtant distinctes. Selon le quotidien national, l’opposition entend sortir de l’enlisement observé ces deux dernières années. Elle miserait sur un climat qu’elle juge favorable, notamment la montée des tensions sociales et l’intensification des critiques à l’égard de l’action gouvernementale.
Dans l’histoire politique, l’opposition prospère souvent sur le ressentiment populaire. Mais la question demeure : cette convergence est-elle idéologique ou strictement circonstancielle ? Les divergences entre certaines figures, comme celles opposant des sensibilités souverainistes, écologistes ou issues d’anciens appareils gouvernementaux, interrogent sur la cohérence d’un tel rassemblement.
Alliance stratégique ou simple affichage politique ?
Toujours selon L’Union, les différences doctrinales entre certains acteurs pourraient fragiliser l’initiative. La coexistence de profils aussi contrastés que ceux d’anciens candidats à la présidentielle et de leaders aux convictions idéologiques affirmées pose la question de la viabilité d’une plateforme durable.
Si cette coalition venait à voir le jour, elle devra dépasser le stade symbolique pour proposer un projet structuré et lisible. Car au-delà de l’effet d’annonce, l’électorat attend une vision cohérente et une alternative programmatique solide. L’avenir dira si cette tentative marque le début d’une recomposition stratégique ou s’il ne s’agit que d’un épisode supplémentaire dans la fragmentation chronique de l’opposition gabonaise.








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