Gabon : mise en garde contre l’usage de l’IA mettant en scène de manière irrespectueuse les autorités
Le ministère de la Communication et des Médias a publié ce mercredi 08 avril 2026 un communiqué sans équivoque annonçant la fin de l’impunité numérique. Face à la prolifération de contenus manipulés par l’intelligence artificielle (IA) mettant en scène de manière irrespectueuse les plus hautes autorités de l’État, le gouvernement gabonais tape du poing sur la table.
Pour le ministre de la Communication, le constat est alarmant. Des contenus détournés, souvent à des fins de désinformation ou de manipulations politiciennes, circulent de plus en plus sur la toile. Si la liberté d’expression est un droit, le gouvernement rappelle avec fermeté qu’elle s’arrête là où commence le dénigrement des institutions. « Le respect dû au président de la République […] ainsi qu’à l’ensemble des autorités demeure une exigence fondamentale », souligne le communiqué.
Au-delà de la simple veille technologique, le gouvernement pose une question d’ordre moral et patriotique, interrogeant chaque citoyen sur l’héritage que la nation souhaite léguer à sa jeunesse et sur l’importance accordée aux institutions démocratiques.
Un arsenal juridique renforcé : l’ordonnance sur l’hypertrucage
Le temps de la sensibilisation laisse désormais place à celui de la répression. Le ministère rappelle que le cadre pénal gabonais a récemment évolué pour intégrer les spécificités du numérique.
L’élément clé de cette offensive juridique est l’adoption, lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, d’une ordonnance sanctionnant l’hypertrucage ou deepfake. Ce texte vise spécifiquement les créations numériques trompeuses qui portent atteinte à la cohésion nationale ou à l’image des représentants de l’État.
Vers un usage éthique du numérique
Le gouvernement exhorte désormais la population à un usage « éthique et responsable » des outils technologiques. Le message est clair : l’innovation ne doit pas être un vecteur de chaos social. Tout manquement aux nouvelles dispositions législatives exposera désormais les auteurs à des sanctions pénales sévères, marquant ainsi la volonté du Gabon de protéger sa souveraineté numérique et la dignité de ses dirigeants.









GMT TV