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Gabon : Faut-il renoncer à la double nationalité pour accéder aux postes à responsabilité ?

C’est la question qu’il convient de se poser au regard des agissements de certains hauts cadres de la République du Gabon, qui, au nom de la double nationalité, jouissent de la protection hors de nos frontières. Plus encore, l’abandon de la multinationalité est un gage patriotique puisque l’intéressé fait un choix éclairé tout en jurant fidélité à la patrie.

À l’heure où le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) prône un retour aux sources ponctué d’un élan patriotique assumé avec la vulgarisation des symboles de la République, il est l’occasion se pencher sur l’interdiction de la double nationalité au Gabon. Une mesure qui constituerait d’emblée un pas en avant. Et ce, pour se prémunir de quelques situations. 

La binationalité à l’épreuve du patriotisme

Comment expliquer qu’un pays qui aspire à se relever des affres de la gestion scabreuse n’envisage pas de mettre un terme à la double nationalité ? Les jurisprudences Liban Souleman et Maixent Accrombessi, qui après avoir accédé aux plus hautes fonctions au Gabon, ont trouvé refuge dans un autre pays ou dans leur pays d’origine sans que la justice puisse les inquiéter. Une situation des plus inconcevables.

Pourtant, cet état de fait est la résultante de la double nationalité. En effet, au-delà des avantages certains pour cette catégorie de citoyens, il reste que leur engagement vis-à-vis de la patrie peut, à bien des égards, être remise en cause. Comment s’impliquer avec amour pour le Gabon quand on peut jouir des fonds détournés à l’État sous d’autres cieux ? De quoi s’interroger sur la portée du patriotisme prôné par le CTRI.

Vers l’interdiction de certains postes aux binationaux ?

C’est une proposition qu’il serait judicieux de porter devant les parlementaires. Car, faut-il rappeler, que ce sont ces personnes régulièrement élues et, exceptionnellement nommées, qui défendent les aspirations du peuple en légiférant. En ce sens, pour éviter de retomber dans les mêmes travers que sous l’ère Ali Bongo Ondimba et sa légion étrangère qui a répandu la peur lors de son premier mandat, à laquelle avait succédé la « Young team »  de perfides trompeurs, semeurs de poison régentée Sylvia Bongo Valentin, l’exercice de certains mandats politiques ou hautes fonctions publiques devrait être interdit comme en Algérie ou encore en Allemagne. 

D’ailleurs, ce choix d’interdire la double nationalité a été opéré depuis les indépendances par le Cameroun voisin. Une réforme qui permettrait de garantir au mieux l’intérêt supérieur du Gabon, pays confronté à une immigration « sauvage » et « incontrôlée » aux frontières poreuses et à une faible démographie. Toute chose qui avait emmené le président de la Transition à évoquer la modification du Code de la nationalité et à revoir les décrets de naturalisation signés sous Ali Bongo Ondimba. 

Ce grand pas sera le gage d’une nation forte pour que ceux et celle qui aspirent à la diriger ou à la représenter ne se reconnaissent exclusivement que citoyen d’une seule et unique nation : la nation gabonaise, immortelle et digne d’envie.

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Un commentaire

  1. Lorsqu’on est dans des régimes autocratiques et autoritaires (comme c’était encore le cas chez nous récemment), la double nationalité peut aider (demandez à Amiang Washington) …. alors oui pour l’accès à certaines fonctions, mais non pour l’interdiction arbitraire au motif d’un certain patriotisme (catégorique?) qui serait la gage d’une éthique ou d’une moralité éprouvées. Pour preuve hors les cas cités dans l’article, ce ne sont pas des moitié-gabonais qui ont excavé les finances et les entreprises publiques, mais bien des 100%, des « pire » Bandzébi, Bapamu, Batéké etc. Alors pourquoi s’interdire des talents qui viennent d’ailleurs et qui ne viennent pas comme des coquilles vides ( Kanga Guelor par exemple) et qui seraient des futur Prix Nobel de Médecine, les prochains Bill Gates, ou Jack Ma….

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