A La UneDerniers articlesSOCIETE

Energie : le Gabon, 6ème pays africain avec des tarifs d’électricité les plus élevés

Ecouter l'article

Selon le dernier classement 2025 de Sika Finance, qui passe au crible 33 pays du continent, le Gabon occupe désormais le sixième rang africain des tarifs d’électricité les plus élevés. Avec un coût moyen de 125 FCFA le kWh, la facture énergétique pèse lourdement sur les ménages et la compétitivité des entreprises gabonaises.

Réunis à Libreville lors de la 10e édition du Marché africain de l’énergie (AEMP), experts et décideurs ont dressé un constat sans appel. Cette cherté s’explique d’abord par une structure de distribution défaillante. Si le taux d’accès national culmine à 94 %, il masque une réalité rurale critique : seuls 29 % des foyers en zone reculée sont raccordés.

La Banque mondiale pointe du doigt une production insuffisante et une fiabilité précaire, exacerbées par une dépendance excessive au gaz et au diesel. Ces combustibles, soumis à la volatilité des cours mondiaux, font exploser les coûts d’exploitation. À cela s’ajoutent des maux structurels profonds notamment des pertes commerciales massives, un recouvrement des recettes laborieux et des frais de raccordement prohibitifs pour les nouveaux usagers.

Un déficit qui se creuse

L’urgence est également quantitative. Le ministre de l’Énergie, Philippe Tonangoye, a révélé une aggravation inquiétante de la pénurie. Le déficit énergétique, qui s’établissait à 285 MW en 2023, oscille désormais entre 355 et 360 MW.

Face à l’impasse, le gouvernement mise sur l’augmentation des capacités via de nouvelles centrales à gaz. Toutefois, les institutions internationales plaident pour un changement de paradigme. Pour la Banque mondiale, le salut passera par le mix énergétique en plaçant l’hydroélectricité au cœur de la stratégie de production, en utilisant le gaz uniquement comme énergie de transition et en déployant massivement le solaire pour désenclaver les zones rurales.

Le défi est immense : transformer un modèle coûteux et polluant en un système souverain, capable de soutenir l’ambition industrielle du pays.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page