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CEMAC : Le FMI sonne l’alarme face aux dérives budgétaires des États membres

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Le constat est sans appel et le ton, inhabituellement sévère. Un an après les engagements de consolidation budgétaire pris par les Chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) devant le Fonds monétaire international (FMI), les promesses de rigueur semblent s’être évaporées.

Selon une note confidentielle datée du 26 février 2026 révélée par Africa Intelligence, la situation financière de la zone s’est dégradée à un rythme inquiétant. Alors que les États s’étaient engagés sur la voie de la sobriété, les services du FMI pointent du doigt des « dépenses publiques obstinément élevées » et des « dérapages budgétaires aggravés ».

Les chiffres traduisent cette dérive : le déficit budgétaire de la zone Cemac a doublé en un an, passant de 1,3 % en 2024 à 2,7 % en 2025, avec des prévisions encore plus sombres pour l’exercice 2026.

Le cas critique du Gabon

Au cœur de cette tourmente, le Gabon cristallise les inquiétudes. Le nouveau régime, au pouvoir depuis le coup d’État d’août 2023, bénéficiait pourtant d’un crédit de confiance de la part de la communauté financière internationale. L’espoir de voir une rupture avec la gestion de l’ère Bongo s’étiole désormais.

Le FMI exige désormais du Gabon des mesures concrètes avant tout nouveau décaissement, notamment la présentation d’un budget rectificatif crédible ; l’élargissement de l’assiette fiscale hors pétrole ; la réduction des subventions inefficientes et une maîtrise stricte de la masse salariale publique.

Un effet domino sur la sous-région

La défaillance de Libreville dépasse les frontières gabonaises. En raison de l’interdépendance des économies de la zone, le blocage du programme gabonais par le FMI paralyse par ricochet ses voisins. Le Tchad et la République centrafricaine se voient ainsi privés de leurs propres tranches de financement, suspendues aux rééquilibrages de la zone.

En ne livrant pas les réformes promises, le Gabon s’isole et devient, selon les termes du rapport, le « mauvais élève » dont les manquements mettent en péril la stabilité financière de toute l’Afrique centrale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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