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Religion : Abdul Razzack Kabongo accusé de vouloir ravir la gestion des mosquées aux imams opposés à son diktat

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Les courants qui s’affrontent au sein de la communauté musulmane depuis la chute du Raïs Ali Bongo Ondimba ont atteint un point de non retour. En effet, après le lancement le 05 juin dernier du Regroupement des musulmans pour l’éducation et le développement (REMEDE), dirigé par l’Imam Benyamine Andjoua Obolo, afin de fédérer la branche protestataire au bureau actuel du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG) dirigé par Abdul Razzack Kabongo, nommé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, ces derniers ont rendu public un communiqué ce 12 juin dans lequel ils dénoncent des dérives autoritaires du camp d’en face.

C’est désormais sous la menace de « destitution de la direction des lieux de culte » que vivraient certains Imams et prédicateurs qui ont opté pour une approche de l’Islam débarrasée du pouvoir politique. C’est entre autres ce qui ressort du communiqué numéro 001/REMEDE/CT du Conseil des théologiens du Gabon daté du 12 juin 2024. Lesquels prennent à témoin la communauté nationale et internationale face aux « dérives » qu’ils affirment subir de la part du CSAIG.

La gestion de certains lieux de culte au coeur du problème 

C’est un bras de fer qui se joue entre le CSAIG et le REMEDE pour la gestion de certains lieux de culte. En effet, alors qu’ils affirment que les lieux de culte qu’ils administrent sont reconnus au ministère de l’Intérieur comme étant sous la tutelle du REMEDE, les Imams et prédicateurs qui ont opté pour une scission avec le CSAIG, disent subir de la part de cette association « depuis quelques jours, des intimidations et autres menaces de destitution de la direction » de ces mosquées.

« Pire encore, l’Imam principal de la mosquée Hassan II, Tidjani Baba Gana, tient des allégations selon lesquelles le CSAIG est une « institution étatique » et non une association à caractère religieux », poursuit le communiqué, présentant au passage le CSAIG comme « une structure qui n’a jamais construit une mosquée, et qui a toujours donné l’impression de se servir de l’Islam plus que de le servir ». Si les Imams qui dirigent les mosquées litigieuses affirment « avoir le droit d’adhérer librement à une association », ils dénoncent aujourd’hui « les abus de pouvoir d’un autre âge et un déni de liberté », ainsi que « les dérives autoritaires d’une poignée des musulmans qui dit agir sous l’autorité de leur chef qui est au gouvernement », parlant ainsi d’Abdul Razzack kabongo.


Il faut dire que si ces deux factions de l’Islam du Gabon étaient déjà déchirées par des guerres intestines depuis que leur tête avait été décapitée par les militaires, la tentative de médiation du président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema n’avait fait que creuser le faussé. En effet, alors que les partisans de l’Imam Benyamine Andjoua Obolo dénoncent depuis septembre 2023 la politisation de l’Islam du Gabon, le président de la Transition s’était permis de désigné comme chef de la communauté des musulmans du Gabon, le secrétaire général du Gouvernement, Abdul Razzack Kabongo. Une configuration jugée inacceptable par les membres actuels du REMEDE qui estiment pour leur part que le chef de la communauté doit être désigné par ses pairs.      

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