Port-Gentil : un audit municipal pour assainir… ou pour désavouer ?
Selon La Loupen dans sa parution du 23 février 2026, le nouveau maire de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambourouet, a révélé qu’un audit interne aurait identifié 507 agents municipaux en situation administrative irrégulière, soit près de la moitié des effectifs. Une annonce choc qui soulève autant d’interrogations sur la gestion passée que sur la stratégie actuelle.
À peine installé à la tête de la mairie de la capitale économique, Pascal Houangni Ambourouet frappe fort. Dans une note de service datée du 5 février 2026, citée par La Loupe, le nouvel édile fait état de « 507 agents en situation administrative irrégulière », une proportion qui représenterait près de 50 % des effectifs municipaux. Une révélation qui, au-delà de l’effet médiatique, interroge sur le calendrier et la finalité de la démarche.
Une annonce rapide qui intrigue
Comme le relève le journal, l’audit aurait été réalisé quelques semaines seulement après l’installation du nouveau maire. Comment une évaluation d’une telle ampleur, portant sur des centaines de dossiers administratifs, a-t-elle pu être conduite en si peu de temps avec la rigueur nécessaire ?
En rendant publiques ces conclusions, Pascal Houangni Ambourouet envoie un message clair : la gestion antérieure aurait été marquée par de graves irrégularités. « En creux, cet audit sonne comme un désaveu sévère des anciennes équipes municipales », note La Loupe. Mais fallait-il communiquer avant même la mise en œuvre des correctifs ?
Pourquoi cibler uniquement les ressources humaines ?
L’audit met l’accent exclusivement sur la situation des agents municipaux. Or, si la masse salariale absorberait plus de 60 % du budget communal, comme l’indique la note évoquée par La Loupe, la problématique budgétaire semble plus large. Qu’en est-il des marchés publics, des investissements, du patrimoine communal, de la traçabilité des dépenses ou encore de la gestion des créances et dettes ?
« En mettant exclusivement en cause les agents, ne risque-t-on pas de réduire une problématique structurelle à une simple question de personnel ? », interroge le journal.
La réduction d’effectifs peut apparaître cohérente dans une logique de maîtrise budgétaire. Mais sans analyse financière exhaustive, elle pourrait aussi être perçue comme une solution simpliste à un problème complexe. Les risques sociaux sont réels : tensions syndicales, impact sur des centaines de familles, fragilisation du climat social.
Pour que la démarche soit perçue comme un véritable assainissement et non comme une opération de communication, elle devra s’accompagner d’un audit financier global, d’un inventaire du patrimoine communal, d’un plan stratégique de redressement et d’un dialogue social structuré.
Une réforme profonde ou un signal politique ?
À Port-Gentil, le débat dépasse désormais la seule question des 507 agents. Il pose une interrogation plus fondamentale : cette initiative marque-t-elle le début d’une réforme institutionnelle profonde et équilibrée, ou constitue-t-elle un signal politique destiné à tourner la page des anciennes gestions ?
Dans un contexte national marqué par la volonté affichée de rupture avec les pratiques du passé, la crédibilité de l’action municipale dépendra de sa capacité à dépasser le diagnostic pour engager une transformation systémique. L’avenir dira si cet audit constitue le socle d’une réforme durable ou le premier acte d’un repositionnement politique.








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