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Melen : l’extension du Centre de santé mentale, un projet non prioritaire pour le CTRI ?

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La santé mentale fait partie intégrante du bien-être général et en est une composante essentielle selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant ce préalable semble être de très loin une priorité pour le gouvernement de transition qui peine à s’attaquer réellement à ce domaine. Pour preuve le Centre de santé mentale de Melen situé dans le 5ème arrondissement de Libreville, depuis sa création jusqu’à ce jour, ne dispose que de 100 places. Une situation déplorable que le Comité pour la transition et la restauration des institutions(CTRI)  semble ne pas trouver urgent d’y remédier. 

Le gouvernement de transition est engagé dans un processus de restauration des institutions gabonaises. Une très bonne initiative qui s’articule autour 320 projets prioritaires dont 160 sont entièrement financés sur fonds propres. En termes de priorité, l’école et la santé sont deux volets qui méritent beaucoup d’attention et cela s’est matérialisé par la construction et l’inauguration en un temps record de l’École du Prytanée militaire de Lalala dans le 5ème arrondissement qui contribuera à l’amélioration des conditions d’apprentissage et comblera le déficit en structures scolaires. Louable cette initiative de Brice Clotaire Oligui Nguema que beaucoup de Gabonais ont d’ailleurs acclamée. 

Melen oublié depuis 29 ans !

Mais étonnement, du côté de la santé mentale beaucoup de promesses uniquement sont servies, tout traîne. En effet, le centre dédié à la prise en charge des malades mentaux créé le 14 janvier 1995 ne peut accueillir que 100 personnes en  hospitalisation, pourtant les données rendues publiques en 2021 par le Centre national de santé mentale (CNSM) de Melen, dans le 5ème arrondissement de Libreville, révèlent que 4145 personnes souffrent de maladie mentale au Gabon. Comment comprendre que le gouvernement de transition tâtonne comme le gouvernement précédent, pour offrir aux personnes atteintes de troubles mentaux des structures pour leur permettre de bénéficier des soins de qualité ? Le pays ne dispose que d’une seule structure psychiatrique qui se trouve à Libreville et qui est en surpopulation, qu’est ce qui empêche donc le Gouvernement de procéder à l’extension du Centre de santé de Melen ?  

Le CTRI appelé à prioriser les malades mentaux

À ces questions, l’opinion publique estime que les priorités du gouvernement de transition ne consistent pas à mettre à l’aise les malades mentaux. Et cela s’explique par l’indifférence du ministre de la Santé, le Pr. Adrien Mougougou qui semble complètement avoir exclu la santé mentale de son département ministériel. Si une école militaire a pu être érigée en si peu de temps, ainsi que la construction de 3 casernes des sapeurs-pompiers. Des bourses scolaires ont été payées et les rappels sur arrimage et revalorisation des pensions, et bien d’autres projets ont vu le jour en moins d’un an avec le CTRI. Qu’est ce qui empêche les plus autorités de la transition d’user de la même énergie pour augmenter la capacité d’accueil du Centre de santé de Melen et de construire dans chaque province des hôpitaux régionaux psychiatriques ? 


Le Chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema, le ministre de la Santé, le Pr.Adrien Mougougou trouvent-ils sensé que des familles soient obligées de quitter l’intérieur du pays pour la capitale pour traiter un malade mental? Encore faudrait-il qu’il soit d’abord admis à l’hôpital psychiatrique et espérer qu’il y soit suivi par l’un des deux psychiatres qui exercent dans cette structure sanitaire. Il est plus qu’urgent pour les plus hautes autorités de la transition  de mettre le pied à l’étrier pour véritablement améliorer le quotidien des populations car cette expression pour l’heure se limite plus à un slogan qu’à une réalité. C’est au pied du mur que l’on juge un maçon et c’est au regard de ses priorités qu’on juge un dirigeant.

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