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Guilou Bitsutsu-Gielessen : «Le FMI est un consultant, pas un régent»

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Alors qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue à Libreville ce 25 février 2026, le débat sur les réformes économiques et la souveraineté budgétaire s’intensifie. Guilou Bitsutsu-Gielessen, président du mouvement Priorités citoyennes, appelle le gouvernement à faire preuve de fermeté dans ses discussions avec l’institution financière internationale.

La venue d’une mission du FMI intervient dans un contexte marqué par des tensions budgétaires et des défis structurels persistants pour l’économie gabonaise. Si aucune demande officielle de programme d’ajustement n’a été annoncée à ce stade, la simple présence de l’institution ravive les interrogations sur la nature des réformes à venir et sur leur impact social.

Pour Guilou Bitsutsu-Gielessen, le Gabon doit éviter que la rigueur recommandée par le FMI ne se transforme en contrainte excessive. Selon lui, « la souveraineté n’est pas un slogan, c’est une pratique quotidienne », soulignant que les choix budgétaires ne doivent pas compromettre les investissements stratégiques nécessaires au développement national.

Une fermeté demandée sur le social et la vision

Le président du mouvement Priorités citoyennes interpelle notamment le ministre Thierry Minko, l’appelant à défendre les priorités sociales du pays. Il estime que les ajustements budgétaires ne sauraient justifier des coupes dans les secteurs jugés vitaux, notamment en matière de services publics et de protection sociale.

Au-delà de l’aspect social, il insiste sur la nécessité de préserver une vision stratégique propre au Gabon. Pour lui, le FMI doit être considéré comme un partenaire technique et non comme une autorité prescriptive. « Le FMI est un consultant, pas un régent », affirme-t-il, plaidant pour un dialogue équilibré entre Libreville et l’institution de Bretton Woods.

Production nationale et transformation locale

Dans son analyse, Guilou Bitsutsu-Gielessen estime que la réponse la plus crédible aux exigences extérieures réside dans le renforcement de la production nationale. Il appelle à transformer localement les matières premières, à soutenir les industries, les services et les médias nationaux, et à protéger l’entrepreneuriat gabonais.

Il met également en avant l’importance de la formation de la jeunesse et d’une administration plus efficace, capable d’accompagner les initiatives économiques tout en garantissant le respect des règles. Selon lui, l’autonomie économique passe par une consolidation interne des capacités productives et institutionnelles.

Un moment charnière pour la politique économique

La mission du FMI pourrait ainsi constituer un moment charnière pour la trajectoire économique du pays. Entre exigences de discipline budgétaire et impératif de croissance inclusive, l’équilibre s’annonce délicat.

Dans un contexte de turbulences économiques, la capacité du gouvernement à concilier réformes structurelles, stabilité sociale et affirmation de la souveraineté nationale sera déterminante. Le débat engagé autour de cette visite témoigne d’une attente forte : celle d’une stratégie économique assumée, adaptée aux réalités gabonaises et orientée vers des résultats durables.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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