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Gabon : surpeuplé, l’hôpital psychiatrique de Melen reçoit un présumé meurtrier

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Mettre la charrue avant les bœufs c’est une pratique courante dans notre pays. La preuve : l’hôpital psychiatrique de Melen depuis des années est très souvent sous la sellette pour des faits liés au suivi des malades. Selon le quotidien l’Union du vendredi 10 mai 2024, un compatriote coupable d’homicide volontaire, présentant des troubles de la personnalité et un retard de croissance et condamné à 5 ans d’emprisonnement sera admis à Melen pour un suivi médical. Une situation tout de même dangereuse au regard des carences dénoncées dans cette structure.

Il est connu de tous que notre pays le Gabon ne dispose que d’un seul établissement spécialisé dans les soins psychiatriques, et qui depuis des années fait face à des une kyrielle de difficultés. Lesquelles difficultés rendent impossible l’accès aux soins de santé pour des personnes souffrant de troubles mentaux. Résultat, à travers les artères de la capitale les populations se sont habituées à voir les personnes atteintes de démence déambuler totalement nues. Un exemple patent qui démontre que cette structure est à l’agonie. 

Contre toute attente, dans le quotidien l’Union de ce vendredi 10 mai 2024, l’on apprend qu’un meurtrier coupable d’un homicide volontaire sur un nourrisson en février 2019 le dénommé Danny Daren Malibala a été condamné à 5 ans d’emprisonnement avec un placement à l’hôpital psychiatrique de Melen situé dans le 6ème arrondissement de la commune de Libreville. « Une décision ordonnée  par la Cour pour son suivi médical » indique le quotidien l’Union. Une décision tout de même paradoxale puisque l’hôpital psychiatrique de Melen n’est que l’ombre de lui-même et ce depuis des années. 

Des malades dans un établissement malade, Sapristi! 

Entre autres difficultés rencontrées par l’hôpital le manque de matériels et de moyens roulants, la vétusté des bâtiments, mais aussi le manque de personnel soignant qui rend ardu le suivi des malades d’ailleurs l’ancien Directeur général Thierry Bayito Mokoko avait confié que l’établissement ne comptait que deux médecins psychiatres et huit techniciens supérieurs. À cela s’ajoute le budget de fonctionnement extrêmement insuffisant, dans de telles conditions il est incompréhensible que l’on envoie donc des malades dans un établissement qui lui-même est déjà très malade

Comment parler d’un suivi médical alors que la capacité d’accueil fait complètement défaut ? Sans compter le suivi médical qui n’y est pas, puisque comment être suivi sans personnel soignant et sans médicaments ? On se retrouvera avec un criminel en liberté dans Libreville et ce sont les innocents qui paieront de leurs vies comme ce fut le cas de Jessica Marcy, froidement assassinée par un jeune homme qui visiblement souffrait de troubles mentaux. Le mal est réel et profond, et l’urgence est là. Le ministre de la Santé, le Pr. Adrien Mougougou est attendu sur ce terrain car en dépit de la santé mentale de ces malades il y a la sécurité des paisibles citoyens qui se retrouve menacé. 

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