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Gabon : HPO saisit la Commission africaine des droits de l’Homme pour dénoncer une « cabale d’État »

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Accusé à tort d’inceste, traqué sans preuve par les autorités gabonaises, l’ancien ministre des Mines et leader politique Hervé Patrick Opiangah a décidé de saisir la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, dans l’espoir de faire valoir ses droits et mettre fin à ce qu’il qualifie de persécution politique, rapporte l’Agence France presse (AFP). Une démarche inédite pour une affaire désormais emblématique des dérives du système judiciaire gabonais.

Depuis le 21 novembre 2024, Hervé Patrick Opiangah vit ce qu’il décrit, à travers ses avocats, comme « un exil forcé et politique ». Ancien ministre des Mines du gouvernement de transition, président du parti Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) et chef d’entreprise à la tête d’un groupe employant plus de 6.500 Gabonais, il est accusé sans fondement d’inceste sur sa propre fille, Elisabeth Opiangah Mengue. Cette dernière, loin d’endosser le statut de victime, a publiquement dénoncé « des accusations totalement infondées », expliquant que « ces faits n’ont jamais existé, ni dans son enfance, ni à l’âge adulte ».

Une procédure contestée sur le fond et la forme

La nuit du 20 au 21 novembre 2024 marque un tournant : des agents encagoulés, lourdement armés, investissent le domicile de l’ex-ministre, sans aucun mandat judiciaire. Ce déploiement choquant, décrit par l’UDIS comme une « expédition punitive », s’accompagne de la saisie de documents, d’argent liquide et de biens personnels, toujours non restitués. Le siège de sa holding, HPO & Associés, subit le même sort. Résultat : plus de 6500 employés plongés dans l’incertitude.

Alors que toutes les juridictions nationales saisies – Cour constitutionnelle, Cour d’appel, Conseil d’État, Cour des comptes – ont gardé le silence, Me Marc Bensimhon, avocat de l’homme d’affaires, annonce que son client a formellement saisi la Commission africaine des droits de l’Homme.

Une cabale politique internationalisée

Pour Me Bensimhon, ce recours vise à dénoncer « l’utilisation de l’appareil militaire et policier de l’État gabonais à des fins personnelles », rappelant que son client a été ciblé juste après son appel à voter « non » au référendum constitutionnel porté par le général Oligui Nguema. « M. Opiangah ne peut pas obtenir justice au Gabon. Il est victime d’une machination politique grossière », déclare-t-il.

Ce recours devant une instance internationale vise aussi à préserver ce qu’il reste du patrimoine du président de l’UDIS, à garantir sa sécurité et à permettre son retour au Gabon. « Ce n’est pas seulement un homme qu’on tente de briser, c’est toute une entreprise, toute une famille, tout un engagement politique », conclut son conseil.

Une affaire qui, à mesure qu’elle s’étale sur la scène régionale, pourrait bien devenir un test décisif pour l’image du Gabon à l’international, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel à haut risque.

Casimir Mapiya

« Mieux vaut une vérité qui fait mal, qu'un mensonge qui réjouit. » Proverbes berbères

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