Gabon : Ali Bongo revendique la présidence du PDG et conteste la légitimité de Blaise Louembé
L’ancien président de la République, Ali Bongo Ondimba, revendique toujours la présidence du Parti démocratique gabonais (PDG) et conteste les changements intervenus à la tête de cette formation depuis le 7 mars 2024. Dans une adresse aux militants, il affirme n’avoir jamais démissionné ni autorisé une réorganisation contraire aux statuts du parti. Il annonce avoir engagé des démarches auprès de la direction conduite par Blaise Louembé et entend reprendre personnellement la conduite du processus de réorganisation du PDG.
Plus de trois ans après le coup d’État du 30 août 2023, la bataille pour le contrôle du Parti démocratique gabonais connaît un nouveau développement. Longtemps silencieux sur les transformations internes de l’ancienne formation au pouvoir, Ali Bongo Ondimba sort de sa réserve pour remettre ouvertement en cause la légitimité de ses dirigeants actuels. Dans une adresse particulièrement ferme, l’ancien chef de l’État livre sa version des événements du 7 mars 2024, qu’il considère comme le point de départ d’une crise statutaire et politique dont il entend désormais obtenir le règlement.
Ali Bongo conteste les décisions du 7 mars 2024
Selon l’ancien président, la rencontre organisée à sa résidence le 7 mars 2024 devait uniquement permettre d’assurer la continuité du fonctionnement du parti, alors que sa liberté était restreinte. Il affirme avoir proposé un dispositif organisationnel et plusieurs noms, sans pour autant renoncer à ses fonctions. « Je n’avais ni démissionné, ni autorisé une direction en dehors de nos règles. Les décisions qui ont suivi ne correspondaient pas à mes instructions », soutient-il.
Ali Bongo rejette également l’argument selon lequel sa déclaration du 18 septembre 2024, annonçant son retrait de la vie politique, aurait légitimé les décisions prises six mois auparavant. Il affirme avoir prononcé ces mots alors qu’il était en résidence surveillée et que son épouse et son fils étaient privés de liberté. « Ces mots, je les ai prononcés dans ces circonstances-là, c’est-à-dire sous la contrainte », explique-t-il, avant de déclarer : « Aujourd’hui je suis libre, et ma parole aussi. Alors je vous le dis clairement et calmement : je ne renonce pas à la vie politique ».
Une mise en demeure et une invitation adressées à Blaise Louembé
L’ancien chef de l’État affirme avoir adressé une mise en demeure aux responsables qui dirigent actuellement le PDG. Se présentant comme le président statutaire du parti, reconduit selon lui pour la dernière fois lors du congrès de décembre 2022, il privilégie néanmoins une issue négociée plutôt qu’un affrontement judiciaire. « Le droit est de mon côté. Mais je ne veux pas voir le PDG se déchirer devant les tribunaux », assure-t-il.
Dans cette perspective, Ali Bongo indique avoir invité Blaise Louembé et deux responsables de son choix à une rencontre à Paris au début du mois d’octobre. Une démarche qui serait restée sans réponse. « Ils ne sont pas venus. Ils n’ont pas répondu à mon appel », déplore-t-il. L’ancien président évoque également de possibles pressions extérieures sur la direction actuelle, sans apporter dans son adresse d’éléments permettant d’établir ces interventions. La version de Blaise Louembé et de son entourage reste donc essentielle pour apprécier les responsabilités dans cette crise.
Un congrès inclusif pour sortir de la crise
Pour mettre fin aux divisions internes, Ali Bongo propose une démarche en trois étapes : le rétablissement de la légalité statutaire, la constitution d’une organisation transitoire inclusive et la préparation d’un congrès ouvert à toutes les sensibilités. Il rejette par avance toute initiative qui serait conduite exclusivement par les responsables actuels, sans concertation avec les autres composantes du parti.
L’ancien président entend personnellement piloter cette transition. « C’est en ma qualité de président du PDG que je conduirai cette réorganisation. À son terme, les militants choisiront les nouvelles instances, selon nos statuts. Je respecterai leur choix », affirme-t-il. Cette prise de position ouvre une nouvelle séquence de confrontation autour de la direction du PDG. Reste à déterminer si les différentes tendances accepteront une médiation interne ou si la question de la légitimité des instances devra finalement être tranchée devant les juridictions compétentes.










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