France : vers un procès des biens mal acquis avec Ali Bongo à la barre ?

La justice française a récemment bouclé son enquête sur l’affaire dite des « biens mal acquis ». Un dossier complexe qui impliquerait onze descendants de l’ancien président de la République Omar Bongo Ondimba, la banque commerciale française BNP Paribas et l’ex-miss France, Sonia Rolland. À présent, le Parquet national financier (PNF) doit décider si un procès sera engagé.
Un nouveau chapitre de l’affaire des « biens mal acquis » se dessine. Le juge d’instruction en charge de cette enquête, ouverte en 2010, a annoncé la fin des investigations concernant la manière dont des biens gabonais ont été acquis illégalement en France. Parmi les personnes mises en cause se trouvent plusieurs membres de la famille de l’ancien président Omar Bongo Ondimba et la banque BNP Paribas.
Une source judiciaire a confirmé, le 4 avril, à l’Agence France-Presse (AFP), la clôture des investigations. Il revient maintenant au PNF d’émettre ses recommandations avant que le magistrat instructeur ne prenne une décision finale sur la tenue d’un éventuel procès. Au total, vingt-quatre mises en examen ont été enregistrées dans ce dossier. Parmi les inculpés, figurent des membres de la famille Bongo, dont Pascaline Bongo, la fille aînée d’Omar Bongo Ondimba et ancienne directrice de son cabinet, ainsi que Sonia Rolland, le notaire, l’avocat, et plusieurs sociétés civiles immobilières.
L’État gabonais partie civile dans l’affaire
Il faut rappeler que les suspects sont accusés d’avoir profité d’un patrimoine immobilier frauduleusement constitué, évalué par la justice à environ 85 millions d’euros soit plus de 55 milliards de FCFA. Ces acquisitions seraient le fruit d’un système complexe de corruption connu sous le nom de « Françafrique », qui a imprégné les relations entre Paris et ses anciennes colonies en Afrique, engendrant des affaires de grande envergure, comme l’affaire Elf.
Des éléments de l’enquête, rapportés par l’AFP, révèlent qu’Omar Bongo aurait transféré au moins 52 millions d’euros en espèces à une société gabonaise, Atelier 74, pour procéder à des acquisitions immobilières et effectuer des travaux. Ce montant aurait depuis transité par le compte français de ladite société.
L’actualité a pris une tournure inattendue en août 2023, lorsque des militaires ont renversé Ali Bongo Ondimba. Ce coup d’État remet en question son immunité en tant que chef d’État et pourrait rejoindre le dossier en tant que mis en cause. Selon la source judiciaire, il n’a pas encore été mis en examen. Toutefois, la question de sa responsabilité, notamment son implication, serait bientôt examinée par le PNF et le juge d’instruction.
GMT TV